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Les parcs : doit-on permettre aux sans-abri d'y dormir ?
Courrier des résidants
Écrit par Stéphanie Beaucaire   

14

Nov

2009

Mme Major,

 

Je lis dans cyberpresse aujourd'hui une intervention de votre part: «Il n'est pas souhaitable que les parcs deviennent des adresses permanentes, de nuit comme de jour. Un parc, ce n'est pas un dortoir en plein air. Ce n'est pas vrai qu'on condamne des gens à coucher sur le trottoir en fermant des parcs. Au centre-ville, il y a assez de place dans les refuges pour accueillir tout le monde.»

 

J'aimerais obtenir plus d'information à ce sujet: quels sont les chiffres exacts qui vous permettent d'affirmer qu'il y a suffisamment de places dans les refuges pour accueillir tous les sans abris de Montréal? Par ailleurs, êtes-vous au courant que les refuges n'accueillent pas les sans-abris quand ils sont intoxiqués? Que suggérez-vous alors pour ces personnes, comme alternative aux bancs des parcs? Je me demandais aussi à quelles heures vous vous tenez vous-mêmes dans les parcs pour que la présence de sans abris y dormant vous perturbe à ce point? Si vous leur demandiez leur avis (mais bon, il faudrait commencer par leur parler ...), je serais fort étonnée que des itinérants comparent le confort d'un parc avec celui d'un dortoir chauffé ...

 

Je me demande bien quel genre de personne il faut être devenu pour témoigner d'un tel mépris à l'égard de ceux qui n'ont rien. Si la présence de ces gens vous importune autant, pourquoi ne pas prendre action afin de leur venir en aide??!

 

___________

 

Mme Beaucaire,


Les informations, dont je faisais état, proviennent de la direction du PDQ 21. Pour avoir d’autres chiffres, je vous invite à communiquer avec le commandant Simoneau.


Oui, je savais que les intoxiqués, qui troublent la quiétude des autres pensionnaires, sont éconduits des centres d’hébergement. Mais je ne crois pas que les parcs soient une alternative valable.


Effectivement, les résidants du Vieux-Montréal ne passent pas la nuit dans les parcs du quartier. Ce qui les dérange, néanmoins, c’est que le jour venu, on y retrouve les vestiges de l’occupation de nuit : cartons, couverture , sacs de couchage, poches de linge, qui jonchent le sol à demeure.


Ce qui les dérange aussi, c’est que les intoxiqués agressifs, dont les centres d’hébergement ne veulent même pas, harcèlent les passants qui longent ou traversent des parcs à la tombée du jour, lorsqu’ils rentent chez eux, et à l’occasion les menacent. Il ne faudrait pas demander aux résidants de tolérer ce que les aides sociaux ne tolèrent pas.


Puisque vous avez la cause des itinérants tant à cœur, vous devriez œuvrer à trouver une solution « chauffée » pour ceux qui sont éjectés des centres d’hébergement, par ceux qui devraient leur venir en aide.


Je ne suis pas une spécialiste de l’itinérance. Peut-être l’êtes-vous? Je considère néanmoins qu’il est urgent, l’hiver venant, de trouver un lieu d’accueil pour ces gens, dont personne ne veut, et qu’il faut protéger d’eux-mêmes.


Ginette Major, présidente

Association des résidants du Vieux-Montréal

 

 

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