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		<title>Association des résidants du Vieux-Montréal</title>
		<description><![CDATA[Notre mission : défendre  les intérêts et la qualité de vie des résidants du Vieux-Montréal, et contribuer à la mise en valeur du quartier historique.]]></description>
		<link>http://arvm.ca/</link>
		<lastBuildDate>Thu, 09 Sep 2010 18:28:53 +0100</lastBuildDate>
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			<title>Lundi, 08 Mars 2010 18:10  -  Qui se souvient d’Honoré Beaugrand ? (1848-1906)</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=423:qui-se-souvient-dhonore-beaugrand-1848-1906&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4>Première partie : Un libéral radical</h4>
<h4>Une rue et une station du métro de Montréal perpétuent son nom, mais peu de Montréalais pourraient dire pourquoi notre ville honore la mémoire d’Honoré Beaugrand. Il n’est donc pas inutile de rappeler le parcours de l’une des personnalités de la vie politique, sociale et littéraire de la métropole durant les trois dernières décennies du XIXe siècle.</h4>
<p>Né à Lanoraie dans la famille d’un navigateur, Honoré est inscrit au collège de Joliette et y entreprend les étapes du cours classique qu’il ne complète pas. Selon un de ses biographes, il aurait séjourné quelques mois au noviciat des Clercs de Saint-Viateur<sup>1</sup>, mais à 17 ans, il est inscrit au collège militaire de Montréal, où il se soumet à un stage d’entraînement. Il s’enrôle ensuite dans l’armée française, qui combat au Mexique, au service de l’empereur Maximilien. Passé en France à la fin de cette guerre<sup>2</sup> (1867), il devient un républicain libéral convaincu et un admirateur enthousiaste des principes de la Révolution française. Or la France impériale de Napoléon III n’a que faire d’un tel trouble-fête et le prie d’aller manifester ailleurs son exubérance républicaine.</p>
<p> </p>
<p>Il s’installe aux États-Unis, y exerce les métiers de comptable et d’interprète, se découvre un talent pour l’écriture et la vocation de journaliste. Il pratique ce métier en plusieurs endroits, puis décide de fonder des journaux à l’intention de ses compatriotes francophones de la Nouvelle-Angleterre et du Missouri. En 1873, il épouse Eliza Walker, à l’église méthodiste de Fall River, au Massachusetts. Franc-maçon « très avancé » et anticlérical notoire, il est mis au ban de la communauté franco-américaine et, en 1878, il rentre au Canada après une absence de 13 ans.</p>
<p> </p>
<p>Résolu à mettre sa plume au service des libéraux, il lance, à Ottawa, un éphémère journal humoristique puis, en février 1879, il publie, à Montréal, le premier numéro d’un quotidien, La Patrie. Il arrivait au bon moment : les libéraux fédéraux tentaient alors de remplacer l’organe du parti, Le National, récemment disparu<sup>3</sup>.</p>
<p> </p>
<p>Financé au départ par le sénateur Rosaire Thibodeau, le nouveau journal, publié à 5 000 exemplaires, devient rapidement rentable grâce à la publicité et à la collaboration d’excellents journalistes<sup>4</sup>. Fait rare dans le monde des périodiques de l’époque, La Patrie assurera en peu de temps la prospérité financière à son éditeur-propriétaire. D’abord publié dans une vieille maison de la rue Saint-Gabriel<sup>5</sup>, le journal occupa, à partir de 1883, un immeuble tout neuf, sur la même rue, dont les architectes Resther &amp; Fils avaient dessiné les plans. Deux ans plus tard, Beaugrand lui-même emménageait dans un chic hôtel particulier de la rue Sherbrooke.</p>
<p> </p>
<p>Rédacteur en chef, entouré d’une équipe de collaborateurs brillants et libres-penseurs, tels Arthur Buies, Louis Fréchette, Godfroid Langlois, Marc Sauvalle, Rodolphe Lemieux, il ne cache pas son anticléricalisme de même que son affiliation maçonnique6. Ce discours radical agace cependant les libéraux modérés qui, autour de Wilfrid Laurier, tentent de débarrasser le parti de l’image sulfureuse que lui avaient apposée les Papineau, les Doutre et les Dessaules. En 1896, Laurier devient premier ministre du Canada, grâce à l’appui des conservateurs « modérés » du Québec. Ces derniers se distançaient des ultramontains radicaux, « les castors ». De son côté, Laurier voulait également s’éloigner des radicaux tels Beaugrand, pour enlever aux curés ultramontains le prétexte de proclamer du haut de la chaire que l’enfer est rouge (libéral) et le ciel est bleu (conservateur)! En février 1897, il fit offrir à Beaugrand un montant que celui-ci ne put refuser et La Patrie passa en d’autres mains, avec le très catholique Henri Bourassa comme rédacteur en chef<sup>7</sup>. On ne connaît pas son tirage à cette date mais, en 1901, il publiait à 27 500 exemplaires<sup>8</sup>.</p>
<p> </p>
<p>À la vente de son journal, Honoré Beaugrand n’a que 49 ans. Il est désormais à l’abri des soucis financiers mais, frêle de constitution et d’une santé fragile, il doit fréquemment s’aliter en raison de crises d’asthme. Pour cette raison, depuis le début des années 1890, il consacre davantage de temps à l’écriture et aux voyages. Après 1897, pour soigner sa santé mais également pour satisfaire sa curiosité d’ethnologue et de géographe amateur, ces voyages occuperont la majeure partie de son temps. À sa mort, il aura fait de nombreux séjours aux États-unis et en Europe, parcouru tout le bassin méditerranéen, visité l’Extrême-Orient et fait paraître le récit de ses voyages dans La Patrie<sup>9</sup>. Outre ces Lettres de voyages, il a publié un certain nombre d’ouvrages dont La Chasse galerie, un recueil de légendes canadiennes plusieurs fois réédités, Jeanne la fileuse, un roman sur l’émigration canadienne-française aux États-Unis et des textes de ses conférences.</p>
<p> </p>
<p>Décoré de la Légion d’honneur en 1885 par la France républicaine, Honoré Beaugrand est mort à Montréal, le 7 octobre 1906, âgé de 58 ans. Il demeurait depuis peu à Westmount<sup>10</sup>. Ses cendres furent d’abord inhumées au cimetière juif, puis près de celles de sa femme, protestante, au cimetière Mont-Royal<sup>11</sup>. Sa mémoire est aujourd’hui rappelée comme homme de culture et défenseur d’idées scandaleuses pour son temps. Toujours au premier rang des milieux anticléricaux, il a mené de tapageuses campagnes en faveur de l’école laïque et obligatoire de même que pour la réforme de la santé publique.</p>
<p> </p>
<p>Il s’est aussi engagé dans l’arène politique et accéda à la mairie de Montréal en des circonstances qui mirent à l’épreuve son audace et sa détermination. Ce volet de sa personnalité fera l’objet d’un prochain article.</p>
<p>_______________</p>
<p>Notes et références :</p>
<h6><ol>
<li>François Ricard. Beaugrand, Honoré, dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne.</li>
<li>Un biographe anonyme prétend qu’il fut expulsé du collège en 1865. Sergent, Beaugrand aurait été blessé et fait prisonnier au Mexique avant d’être acheminé en France. Michael Bliss. Montréal au temps du grand fléau. Montréal, Libre Expression, 1993, p. 31. Rappelons que Maximilien, nommé empereur du Mexique en 1863 avec le soutien de la France, fut exécuté par les républicains en 1867. Il était le frère de l’empereur François-Joseph d’Autriche.</li>
<li>André Beaulieu et Jean Hamelin. La presse québécoise des origines à nos jours. Tome 2, 1860-1879. Les Presses de l’Université Laval, 1975, p. 189.</li>
<li>Ibid., p. 288.</li>
<li>Lovell’s Montreal Directory, 1879-1880.</li>
<li>En 1897, il fondera, à Montréal, la loge L‘Émancipation.</li>
<li>Beaulieu &amp; Hamelin, Op. cit., p. 288. Bourassa ne demeura en poste que très peu de temps.</li>
<li>Ibid., p. 287. La Patrie a cessé de publier en 1990. La Presse en était alors propriétaire et il était un journal hebdomadaire depuis 1957.</li>
<li>François Ricard, loc. cit.</li>
<li>Lovell’s Montreal Directory, 1906-1907.</li>
<li>Dans la section F 3. Brian Young. Une mort très digne : l’histoire du cimetière Mont-Royal. Montréal, McGill-Queen’s University Press, 2003, pp. 140, 191 et 234.</li>
</ol></h6>
<p> </p>
<p> </p>]]></description>
			<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 23:10:48 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Lundi, 10 Août 2009 07:08  -  Qui se souvient de Lambert Closse? (1618? - 1662) suite</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=341:qui-se-souvient-de-lambert-closse-1618-1662-suite&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<p><strong>Les dernières années et la succession<br /></strong><br />En 1658, seize ans après sa fondation, Montréal n’est encore qu’un petit village de moins de 700 âmes, mais depuis un an, les sulpiciens l’ont érigé en paroisse, Marguerite Bourgeoys ouvre une école en avril de cette année et des colons, à qui Maisonneuve a concédé des lots, se sont enhardis à y construire leur maison. Lambert Closse, pour sa part, fait ériger la sienne sur la terre qui vient de lui être concédée<sup>1</sup>. L’un des principaux marchands de fourrures de Ville-Marie, ayant à son service au moins deux domestiques, auréolé du prestige que lui confèrent ses succès militaires, sa charge de gouverneur par intérim durant une absence de Maisonneuve ainsi que ses titres de major et de seigneur d’un arrière-fief, il est l’un des notables de Ville-Marie. À 44 ans et marié depuis peu, il décide de se consacrer davantage à son commerce et au développement de son fief. Un mois après avoir pris possession de ce dernier, il est remplacé à la direction de la défense de Montréal par le capitaine Zacharie Dupuis<sup>2</sup>, un militaire qui a donné maintes preuves de sa bravoure et de ses talents. <br /><br /></p>
<div class="jce_caption" style="width: 200px; margin-top: 8px; margin-bottom: 8px; margin-left: 12px; float: right; display: inline-block;"><a title="Ville-Marie avant le premier tracé de rues (1672)" class="jcebox" target="_blank" href="images/stories/articles/Un_peu_dhistoire/juill-aout_2009.jpg"><img style="float: right;" alt="juill-aout_2009" src="images/stories/articles/Un_peu_dhistoire/juill-aout_2009.jpg" height="135" width="200" /></a>
<div class="vignette_photo" style="text-align: right; padding-top: 8px; clear: both;">Ville-Marie avant le premier tracé de rues (1672)</div>
</div>
<p>Les Montréalistes vivent « les armes à la main et l’oeil sur la forêt<sup>3</sup> », où se cachent leurs ennemis toujours à l’affût de têtes à scalper. Maisonneuve publie une série de mesures pour assurer la sécurité de ses gens et fait construire des redoutes où ils peuvent se réfugier en cas de danger. Lambert Closse érige des fortifications autour de sa maison<sup>4</sup>. Il n’a pas pour autant remisé ses pistolets. Au printemps de 1660, quand Dollard des Ormeaux obtient de Maisonneuve la permission d’aller combattre les Iroquois avec un groupe de volontaires, Lambert Closse brûle de se joindre à eux. Dollier de Casson l’affirme : « M. le major avait bien eu envie de grossir le parti et MM. Le Moyne et de Belestre avaient demandé la même chose, mais ils voulaient faire différer cette entreprise jusqu’après les semences qui se font ici en ce temps-là. Mais Dollard et son monde avaient trop envie de voir l’ennemi pour attendre<sup>5</sup>. » Ce qui laisse entendre que Closse s’occupe à exploiter sa terre. <br /><br />Le destin l’attendait moins de deux ans plus tard. Au matin du 6 février 1662, il accourt à la tête de 26 soldats et colons qu’il a réunis en vitesse, pour secourir un groupe de travailleurs attaqués par quelque 200 Onnontagués. Quand les Indiens repartent dans la forêt avec leurs blessés et quelques prisonniers, quatre Montréalistes ont été tués dont Lambert Closse<sup>6</sup>. Sa perte fut vivement ressentie et les chroniqueurs furent unanimes à rendre hommage à sa bravoure, à sa piété, à ses qualités de gentilhomme. <br /><br />Il laissait dans le deuil une jeune veuve de 21 ans, Élisabeth et une fillette de deux ans, Jeanne-Cécile. Ayant examiné l’inventaire de ses biens après décès, l’historien Marcel Trudel le classe parmi les personnes aisées de Ville-Marie<sup>7</sup>. La plupart des veuves de cette époque en âge de procréer se remariaient sans tarder, pour assurer leur sécurité et aussi pour répondre aux attentes des nombreux célibataires. Élisabeth ne se remariera pas et mourra octogénaire, en 1722. Quinze ans après la mort de son père, Jeanne-Cécile, âgée de 18 ans, épouse un certain Jacques Bizart, du double de son âge. Suisse et mercenaire dans l’armée française, le gendre de la veuve Closse est un protégé de Frontenac. Le gouverneur vient de lui obtenir le poste de major à Montréal, à la mort de Zacharie Dupuy et il lui concédera en seigneurie, en 1678, l’île Bonaventure, plus tard nommée île Bizart. <br /><br />Le couple eut cinq enfants<sup>8</sup>. Le major Bizart mourut en 1692 et Jeanne-Cécile se remaria, deux ans plus tard, à Raymond Blaise des Bergères, capitaine dans les troupes de la marine. Elle lui donna une fille, Marie-Josephte. Celle-ci épousera, en 1722, Guillaume Emmanuel Théodore Denys de Vitré, un militaire avec qui elle eut deux enfants, Mathieu-Théodore et Marie-Anne-Noëlle. Seuls arrière-petitsenfants de Lambert Closse, ces derniers sont les héritiers d’une partie du fief de Montréal et de la seigneurie de l’île Bizart. Marie-Anne-Noëlle demeura célibataire; son frère devait connaître un destin peu commun. Expert de la navigation sur le Saint-Laurent, Mathieu-Théodore commandait, en 1757, un navire de la Marine royale de France naviguant de Bordeaux vers Québec, chargé de munitions et de troupes. Attaqué par des navires britanniques, il dût baisser pavillon après un furieux combat. Prisonnier en Angleterre, on le conduisit auprès de James Wolfe (qui parlait le français), au moment où celui-ci préparait l’invasion de la Nouvelle-France. Conscient de la valeur de ce prisonnier, Wolfe lui demanda de conduire l’expédition. Les promesses de fortes récompenses, puis la menace de le pendre haut et court ne suffisant pas à le faire céder, le général résolut de s’en prendre à sa famille. Ce dernier argument le fit fléchir. Il conduisit l’armada britannique jusqu’en face de Québec<sup>9</sup>. <br /><br />Après la Conquête, la réputation de la famille Denys de Vitré est ternie au Canada comme en France. Mathieu-Théodore s’exile en Angleterre avec sa famille et y mourra en 1770. Sa soeur, « seigneuresse » de l’Île Bizart et propriétaire des trois-quarts du fief Closse au faubourg Saint-Laurent, liquide ses propriétés et tente de se faire oublier jusqu’à sa mort, en 1789. Ainsi s’éteignit la famille de Lambert Closse<sup>10</sup>. <br /><br /><br /><br />___________________</p>
<h6>* La première partie de ce texte est parue dans le dernier numéro de ce journal. Notes et références :</h6>
<ol>
<li>
<h6>Gustave Lanctôt. Montréal sous Maisonneuve. Beauchemin, 1966, p. 123. Cette habitation se situerait aujourd’hui sur la rue Saint-Vincent, côté est, non loin de la rue Saint- Paul. Roger Chartrand. Le Vieux-Montréal. Une tout autre histoire. Septentrion, 2007, p, 242. Voir la première partie de ce texte dans la précédente parution de ce journal.</h6>
</li>
<li>
<h6>A. Leblond de Brumath. Histoire populaire de Montréal, Granger Frères, 1890, p. 98.</h6>
</li>
<li>
<h6>G. Lanctôt. Op. cit., p. 123.</h6>
</li>
<li>
<h6>G. Lanctôt, Ibidem</h6>
</li>
<li>
<h6>François Dollier de Casson. Histoire du Montréal de 1640 à 1672. Texte adapté et commenté par Aurélien Boisvert. Les Éditions 101 enr., 1992, p. 132.</h6>
</li>
<li>
<h6>Dollier de Casson (Op. cit., p. 152) fait le récit de son dernier combat et attribue sa mort à la lâcheté de l’un de ses domestiques.</h6>
</li>
<li>
<h6>Marcel Trudel. Montréal, la formation d’une société. 1642-1663. Fides, 1976, pp. 171, 174.</h6>
</li>
<li>
<h6>La famille Bizart s’est éteinte à la première génération. L’aînée, Louise se mariera à 38 ans et n’aura pas d’enfant. Sa soeur Marie-Madeleine sera religieuse hospitalière à l’Hôtel-Dieu de Montréal. Les trois garçons, l’un deviendra prêtre et les deux autres, militaires, décédèrent sans laisser de postérité.</h6>
</li>
<li>
<h6>Collectif. Aux confins de Montréal, l’Île Bizart des origines à nos jours. Montréal, Les Éditions Histoire Québec, 2008, p. 38.</h6>
</li>
<li>
<h6>Au Canada, du moins. Peut-être trouverait- on, en Grande-Bretagne, des descendants de Mathieu-Théodore Denys de Vitré et donc de Lambert Closse.au pupitre de sécurité du Musée.</h6>
</li>
</ol>]]></description>
			<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 12:08:24 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Jeudi, 21 Mai 2009 05:56  -  Qui se souvient de Lambert Closse ? (1618? - 1662)</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=299:qui-se-souvient-de-lambert-closse-1618-1662&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<p>En 1672, trente ans après la fondation de Montréal, le sulpicien François Dollier de Casson, seigneur de l'île, considère que le temps est venu de remplacer par des rues bien tracées les sentiers tortueux reliant les maisons les unes aux autres. Assisté du notaire et arpenteur Bénigne Basset, il dessine un plan et entreprend de négocier avec les propriétaires des lots. Le plan prévoit trois rues principales parallèles au fleuve (Saint-Paul, Notre-Dame et Saint- Jacques) coupées par sept autres de longueurs et de largeurs diverses<sup>1</sup>. Il nomme l'une d'elles «Saint-Lambert». Elle descend de la rue Notre-Dame à la Petite rivière Saint-Martin, qui coule dans l'axe de l'actuelle rue Saint-Antoine. De l'autre rive de cette rivière, un sentier dans la forêt conduira plus tard au faubourg Saint- Laurent, lequel donnera son nom au sentier, lequel deviendra une rue, puis la Main <sup>2</sup>. <br /><br /><img style="margin-left: 12px; margin-bottom: 8px; float: right;" alt="lambert_closse_statue" src="images/stories/articles/lambert_closse_statue.jpg" height="194" width="150" />Tous puisés à l'arsenal religieux, les noms de ces rues ne sont pas le fruit du hasard. La rue ou la côte Saint-Lambert, pour sa part, rappelait la mémoire du major Raphaël Lambert Closse, un héros de Ville-Marie que Dollier de Casson admirait, tué dix ans auparavant par les Iroquois, près de cet endroit. De plus, cette rue marquait la limite ouest d'une terre que Chomedey de Maisonneuve avait concédée à Closse, en 1658. <br /><br />On ne connaît ni la date de sa naissance, ni celle de son arrivée en Nouvelle-France. Marie-Claire Daveluy affirme qu'il est né vers 1618 à Saint-Denis de Mogues, dans les Ardennes, mais selon le registre des mariages, il serait tourangeau et âgé de 43 ans en août 1657<sup>3</sup>. La qualité de son écriture dans les documents qu'il a laissés prouve une bonne éducation et son habileté comme militaire laisse croire qu'il avait choisi la carrière des armes. Un document notarié de mai 1648 porte sa signature, ce qui laisse à penser qu'il serait arrivé à Montréal avec la recrue de 1647<sup>4</sup>. À partir de 1651, il exerce la fonction de notaire alternativement avec Jean de Saint-Père<sup>5</sup>, devenant ainsi l'un des deux premiers tabellions de Montréal. <br /><br />Rapidement intégré à la petite communauté des Montréalistes, il adhère entièrement aux objectifs missionnaires de Ville-Marie, défriche son lot de terrain et fait le commerce des fourrures avec les Amérindiens alliés, mais c'est surtout comme défenseur de la colonie contre la fureur iroquoise qu'il attache étroitement son nom à l'histoire de Montréal<sup>6</sup>. <br /><br />En 1651, il ne reste plus qu'une cinquantaine de personnes dans le fort. Découragés, Jeanne Mance et Maisonneuve songent à fermer le poste, mais décident finalement de tenter de lever la recrue de la dernière chance. Maisonneuve retourne en France, confiant à Charles d'Ailleboust le commandement du fort et au major Lambert Closse le soin de défendre la petite communauté. Tous les chroniqueurs contemporains sans exception (Marie Morin, Relations des jésuites, Marie de l'Incarnation, Dollier de Casson, entre autres) vantent le courage du major Closse, son adresse dans le maniement des armes, la rapidité de ses réflexes et la sagesse de son commandement. Rompu à la guerre d'embuscades, il sait exécuter des mouvements rapides, des replis agressifs et rusés. Il a dressé sa chienne, Pilotte, à signaler la présence de l'ennemi<sup>7</sup>. À l'unanimité, on lui décerna le titre de Sauveur de Montréal. La situation se redresse avec le retour de Maisonneuve, en 1653, accompagné de la centaine de personnes de la Grande Recrue. La guerre se poursuivra, implacable, jusqu'à la venue du régiment de Carignan, en 1665 et la conclusion du traité de paix avec les nations iroquoises, deux ans plus tard. <br /><br /><a title="Montréal au temps de Lambert Closse, Montréal de 1645 à 1652. Bibliothèque municipale de Montréal" class="jcebox" target="_blank" href="images/stories/articles/lambert_closse.jpg"><img style="margin-right: 12px; margin-bottom: 8px; float: left;" alt="lambert_closse" src="images/stories/articles/lambert_closse.jpg" height="198" width="250" /></a>Entre-temps, Closse est toujours sur la brèche. De 1655 à 1657, il occupe le poste de gouverneur de Montréal, en l'absence de Maisonneuve. En cette qualité, il encourage Marguerite Bourgeoys en faisant graver une plaque de cuivre à la pose de la première pierre de la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours<sup>8</sup>. À ce moment, survint un événement qui devait mettre fin à sa vie de célibataire. Lors d'un échange de prisonniers, Élisabeth et Marie Moyen des Granges, deux fillettes dont les parents avaient été assassinés par les Iroquois, furent délivrées et confiées aux soins de Jeanne Mance. Le 12 août 1657, le père Pijart, jésuite, bénissait le mariage de Lambert Closse, 43 ans et Élisabeth Moyen, 16 ans<sup>9</sup>. En octobre de l'année suivante, Élisabeth donnait naissance à une fille qui mourut le jour même de sa naissance. Deux ans plus tard, naissait une autre fille, Jeanne-Cécile, dont il sera question plus loin. <br /><br />Le 2 février 1658, Maisonneuve a jugé que ce vaillant compagnon a bien mérité de la communauté. Il lui accorde, en fief, la plus grande terre jusque-là concédée à Montréal, soit 100 arpents. Bornée au sud à deux arpents du fleuve, soit au nord de la rue Saint-Paul, à l'ouest par ce qui deviendra la côte Saint-Lambert et se prolongeant sur 25 arpents, soit jusqu'à la montagne elle s'étendait jusqu'à une ligne aux environs de l'actuelle place Vauquelin<sup>10</sup>, En lui concédant cette terre à titre d'arrière-fief, Maisonneuve faisait accéder Lambert Closse à la qualité de seigneur et donc à la petite noblesse de la Nouvelle-France. (À suivre)<br /><br /> _____________________</p>
<ol>
<li>
<h6>Aline Gubbay. A Street called THE MAIN. Montreal, Meredian Press, 1989, p. 19.</h6>
</li>
<li>
<h6>En raison de la dénivellation du terrain, on la désigna «côte Saint-Lambert». Près de la rue Saint-Jacques, une plaque rappelle que la côte Saint-Lambert fut ainsi nommée à la mémoire de Lambert Closse. En 1912, les immeubles situés dans l'axe de la côte Saint-Lambert depuis la rue depuis Notre-Dame jusqu'au fleuve étaient démolis et l'ensemble devint le boulevard Saint-Laurent.</h6>
</li>
<li>
<h6>Marie-Claire Daveluy. Closse, Raphaël- Lambert, dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne. Marcel Trudel. Montréal. La formation d'une société. 1642-1663. Fides, 1976, p. 245.</h6>
</li>
<li>
<h6>Mère Marie Morin laisse entendre qu'il fut recruté par M. de la Dauversière. Histoire simple et véritable. Édition critique par Ghislaine Legendre, P. U. M., 1979, p. 47.</h6>
</li>
<li>
<h6>Son greffe comporte 30 actes entre 1651 et 1656. Marie-Claire Daveluy. Ibid.</h6>
</li>
<li>
<h6>Rappelons que la haine des Nations iroquoises contre les Français remontait à l'alliance de Champlain avec leurs ennemis Hurons, Montagnais, Algonquins, etc., un demi-siècle plus tôt.</h6>
</li>
<li>
<h6>L'un des socles du monument à Maisonneuve, sur la place d'Armes, porte une statue représentant Lambert Closse et sa chienne Pilote.</h6>
</li>
<li>
<h6>Patricia Simpson. Marguerite Bourgeoys et Montréal. 1640-1665. Montréal &amp; Kingston, McGill/Queen's University Press, 1999, p. 127.</h6>
</li>
<li>
<h6>Le registre des mariages accorde cet âge à L. Closse. Marcel Trudel, loc. cit. L'Oublié, un roman de Laure Conan publié au début du XXe siècle, décrit l'idylle du couple Closse-Moyen.</h6>
</li>
<li>
<h6>Roger Chartrand. Le Vieux-Montréal. Une tout autre histoire. Septentrion, 2007, p. 231. Voir aussi Jean-Denis Robillard. Montréal en tête. Été 2008, p. 4.</h6>
</li>
</ol>
<p> </p>]]></description>
			<pubDate>Thu, 21 May 2009 10:56:41 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Samedi, 04 Avril 2009 14:08  -  La première école de Ville-Marie (suite et fin)</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=252:la-premiere-ecole-de-ville-marie-suite-et-fin&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4>Vers la fin de l'année 1657, après quatre ans d'attente, Marguerite Bourgeoys est sur le point de réaliser son rêve d'enseignante : une douzaine d'enfants de Ville-Marie sont d'âge scolaire et le gouverneur, Chomedey de Maisonneuve, lui offre un local. Comme ailleurs dans Ville-Marie, l'école n'a rien de luxueux : un bâtiment de pierre de 36 pieds de long par 16 de large, abandonné depuis cinq ans après avoir servi à la fois d'étable et de pigeonnier<a href="#1"><sup>1</sup></a>. Cette bâtisse a l'avantage de n'être séparée de l'hôpital de Jeanne Mance que par un sentier qui deviendra la rue Saint-Paul. On pourra s'y réfugier en cas de besoin.</h4>
<p><br />Le 22 janvier 1658, vraisemblablement à la résidence du gouverneur, une assemblée historique, réunissait ce dernier, le notaire Bénigne Basset, Marguerite Bourgeoys et un groupe de notables dont le curé, Gabriel Souart, les marguilliers Louis Prud'homme, Jean Gervaise et Gilbert Barbier, de même que Jeanne Mance, Charles Le Moyne et le major Lambert Closse. Le moment était solennel, car on ne faisait rien à la bonne franquette sous la gouverne du sieur de Maisonneuve. Le notaire fit la lecture d'un document rédigé par Maisonneuve et que signèrent les personnes présentes; il décrivait dans le détail la bâtisse de pierre ainsi que le terrain adjacent<a href="#2"><sup>2</sup></a> et stipulait leur cession à Marguerite Bourgeoys « pour l'instruction des filles »<a href="#3"><sup>3</sup></a>. <br /><br /><img style="margin-left: 12px; float: right; margin-bottom: 6px;" class="jcetooltip" title="Dessin de la première école::D’après des descriptions de l’époque.<br />Tiré de Marguerite Bourgeoys et Montréal 1640-1665<br />Patricia Simpson, McGill-Queen’s University Press, 1999." alt="premiere_ecole" src="images/stories/articles/premiere_ecole.png" height="210" width="231" />Immédiatement, la « maîtresse d'école » se met à l'oeuvre pour aménager convenablement son local<a href="#4"><sup>4</sup></a> avec l'aide de maçons, de menuisiers et de ses futurs élèves, mais également dans le respect des consignes du gouverneur pour la sécurité de tous, en un temps où les Iroquois ont repris leurs sanglantes maraudes. La classe occupera le rez-de-chaussée et l'ancien pigeonnier, à l'étage, conviendra pour loger Marguerite et son assistante, Marguerite Picart, une jeune fille de 12 ans récemment arrivée de France et fiancée à un certain Nicolas Godé, qu'elle épousera peu de jours avant l'ouverture de l'école. <br /><br />Cette ouverture a été fixée au 30 avril. Ce jour-là, treize enfants, de cinq à neuf ans, font acte de présence. Leurs noms méritent d'être retenus car certains d'entre eux sont les ancêtres de nombreux Montréalais ; Adrienne Barbier, Charlotte Chauvin, Catherine Daubigeon, Jean et Nicolas Desroches, Léger Hébert, Mathurin Juillet, Jean Leduc, Françoise et Jeanne Loisel, Marie Lucault, François-Xavier Prud'homme et Paul Tessier. Aidée de son assistante, que les enfants appellent « Soeur Picart », Marguerite Bourgeoys retrouve rapidement le rythme qu'elle imposait à ses élèves de Troyes. Sa connaissance intime des familles de Ville-Marie lui fait voir un autre besoin d'enseignement : si la plupart des mères de famille connaissent les rudiments de l'alphabet, mariées très jeunes et sans expérience de la tenue d'une maison, elles ignorent à peu près tout de la cuisine, de la couture, du soin des enfants. <br /><br />Dès le début de juillet de cette même année 1658, Marguerite réunit donc à son école un groupe de ces jeunes mères désireuses de compléter leur formation. Mais outre l'initiation aux bonnes manières, elles reçoivent aussi des cours de religion. Comme à Troyes, ces leçons se déroulent sous le vocable de Notre-Dame et les élèves, désignées sous le nom de congréganistes, prennent rapidement l'habitude de désigner l'école sous le nom de Congrégation. Dans le langage d'aujourd'hui, l'ancienne étable de la commune est devenue, en quelques mois, un centre d'alphabétisation et d'animation culturelle et religieuse. <br /><br />L'esprit toujours aux aguets et remarquablement visionnaire, Marguerite Bourgeoys est convaincue que cette oeuvre, qui n'a pas encore complété sa première année d'existence, est appelée à des développements insoupçonnés. Elle entrevoit dès lors la possibilité de réaliser un projet qu'elle caressait déjà à Troyes : créer une association de filles imitant « la vie voyageuse de Notre-Dame » en enseignant gratuitement. Or, au début de l'automne, s'offre une opportunité imprévue : Jeanne Mance lui demande de l'accompagner en France. Souffrant de plus en plus de son bras droit, elle espère s'y faire soigner et projette de ramener à Ville-Marie les hospitalières que M. de La Dauversière lui a promises pour son hôpital. Après avoir confié l'école aux soins de « Soeur Picart » et de deux hospitalières de Québec « en repos » à Ville-Marie<a href="#5"><sup>5</sup></a>, Soeur Bourgeoys et Mlle Mance filent sur Québec le 29 septembre 1658 pour ensuite voguer vers La Rochelle qu'elles atteignent « au temps de Noël ». Plus tard, Marguerite se rendit à Troyes, en tournée de recrutement. <br /><br />À la fin de l'automne de l'année suivante, les deux dames étaient de retour à Montréal, Jeanne Mance miraculeusement guérie et accompagnée de trois hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche, pour son Hôtel-Dieu. Marguerite Bourgeoys, quant à elle, ramenait quatre compagnes, Edmée Châtel, Marie Raisin, Anne Hiou et Catherine Crolo, qui formeront le noyau de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. À La Rochelle, des jeunes filles, de celles que l'on appellera « Les filles du Roy », avaient pris place à bord du même navire qu'elles. Mère Bourgeoys avait immédiatement vu s'ouvrir une nouvelle avenue à son inlassable dévouement. Mais il s'agit là d'un autre chapitre de cette passionnante histoire.</p>
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<h6><a name="1"></a></h6>
<h6>1. Le pied linéaire français correspondait à peu près au pied anglais, soit 0.3048 cm. L'étable était donc d'environ 12 mètres sur 5,5; elle avait été érigée en bordure du fleuve, sur un terrain où les colons mettaient leur bétail en pâturage communautaire, de là son appellation de « commune ». La Commune avait été abandonnée en 1652, après le massacre du gardien par les Iroquois.</h6>
<h6><a name="2"></a></h6>
<h6>2. Un terrain de 48 perches, soit une superficie d'environ un demi arpent ou 1 700 mètres carrés.</h6>
<h6><a name="3"></a></h6>
<h6>3. Un vitrail de la basilique Notre-Dame représente M. Gabriel Souart enseignant à des garçons, « un titre auquel il tenait beaucoup », affirme Olivier Maurault. Nous ne savons pas à quelle date l'enseignement des sept garçons présents à l'ouverture de l'école fut confié au curé de Ville-Marie.</h6>
<h6><a name="4"></a></h6>
<h6>4. Il fallait notamment nettoyer la place de ce qu'y avaient laissé le bétail et les pigeons, y ériger des cheminées pour le chauffage, le meubler, entourer le bâtiment d'un fossé contre les maraudeurs, etc.</h6>
<h6><a name="5"></a></h6>
<h6>5. M. de Queylus, supérieur des Sulpiciens, avait fait venir ces deux religieuses avec l'intention de leur confier l'Hôtel-Dieu de Jeanne Mance. Comme ce projet ne coïncidait pas avec les vues de cette dernière, les deux hospitalières devenaient disponibles pour d'autres tâches.</h6>
<h6><br />Pour en savoir plus :</h6>
<h6>Patricia Simpson. Marguerite Bourgeoys et Montréal, 1640-1665. McGill-Queen's University Press, 1999, 270 p.</h6>
<h6>Patricia Simpson. Marguerite Bourgeoys et la Congrégation de Notre-Dame, 1665- 1700. McGill-Queen's University Press, 2007, 303 p.</h6>
<h6>Suzanne Martel. Au temps de Marguerite Bourgeoys (Roman historique pour la jeunesse) Éditions du Méridien, 1982, 335 p.</h6>
<h6>Hélène Bernier. Bourgeoys, Marguerite. Dictionnaire biographique du Canada en ligne.</h6>]]></description>
			<pubDate>Sat, 04 Apr 2009 19:08:52 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Dimanche, 15 Février 2009 11:45  -  La première école de Ville-Marie</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=237:la-premiere-ecole-de-ville-marie&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4>Les promeneurs pressés risquent fort de ne pas remarquer une plaque apposée sur un mur de la rue Saint-Dizier, à l'angle sud-ouest de la rue Saint-Paul<a href="#1"><sup>1</sup></a>. Elle rappelle que près de cet endroit, en 1658, Marguerite Bourgeoys ouvrit la première école de Montréal dans une étable abandonnée.</h4>
<p><img style="margin-right: 12px; margin-bottom: 6px; float: left;" class="jcetooltip" title="Marguerite Bourgeoys::" alt="marguerite_bourgeoys" src="images/stories/articles/marguerite_bourgeoys.jpg" height="188" width="150" />L'année 2008 marquait donc un 350<sup>e</sup> anniversaire que le 4e centenaire de la fondation de Québec a relégué dans l'ombre. Les amateurs de l'histoire apprécieront rappeler les circonstances de cet événement ainsi que la mémoire de l'institutrice qui mit sur pied cette première école. <br /><br />En 1652, Maisonneuve est en France, travaillant à recruter des colons pour Ville-Marie. Le rêve missionnaire qui l'avait mené sur l'île de Montréal, dix ans plus tôt, est devenu un cauchemar<a href="#2"><sup>2</sup></a>. À bout de souffle et découragés par les incessantes attaques des Iroquois, Jeanne Mance et lui, les deux fondateurs de Montréal, ont convenu d'abandonner l'entreprise si Maisonneuve ne réussissait pas à réunir, en France, un nombre suffisant d'engagés<a href="#3"><sup>3</sup></a>. La recrue de la dernière chance<a href="#4"><sup>4</sup></a>. Le projet missionnaire n'est pas abandonné, mais s'il doit se réaliser, ce sera autrement. En attendant de conclure la paix avec les nations iroquoises, il importe de consolider Ville-Marie par la croissance de sa population et la mise en place des structures d'une véritable cité. On a déjà un hôpital, il faut entre autres prévoir une école. Maisonneuve obtient de ses supérieurs à Paris, l'autorisation d'engager une institutrice qu'il recrutera par l'intermédiaire de sa soeur, religieuse à Troyes. <br /><br />Soeur Louise de Sainte-Marie, née Louise de Chomedey, elle-même institutrice et cloîtrée, dirige un groupe de femmes qui vont enseigner dans les quartiers pauvres sous l'étiquette de « congréganistes de Notre-Dame ». C'est l'une d'elles, Marguerite Bourgeoys, que Soeur Louise recommande à son frère. Elle a 32 ans, elle est intelligente, d'un inlassable dévouement et douée d'un remarquable sens pratique. Elle s'est vu refuser l'admission au Carmel mais entretient un rêve de vie religieuse. Elle accepte de suivre Maisonneuve en Amérique. <br /><br />La présence de cette femme énergique ne passe pas inaperçue parmi les engagés de la Grande Recrue, presque tous des hommes célibataires. Au début de la longue et dure traversée de l'Atlantique<a href="#5"><sup>5</sup></a>, on se permit des allusions et des réflexions déplacées<a href="#6"><sup>6</sup></a>. L'attitude de Marguerite, son dévouement surtout, au cours de l'épidémie qui toucha bon nombre de passagers et dont une dizaine mourut, retournèrent cet état d'esprit. Parvenus à Montréal, « ils étoient changés comme le linge qu'on met à la licive », écrira-t-elle plus tard. <a title="Ville-Marie à l'arrivée de la Grande Recrue (1653)" class="jcebox" target="_blank" href="images/stories/articles/ville_marie-grande-crue.jpg"><img style="margin-bottom: 6px; margin-left: 12px; margin-top: 6px; float: right;" alt="ville_marie-grande-crue_petite" src="images/stories/articles/ville_marie-grande-crue_petite.jpg" height="174" width="150" /></a>À l'automne de 1653, Marguerite trouve à Ville-Marie une quinzaine d'enfants dont la plus âgée n'a que quatre ans. Il n'est donc pas question d'y ouvrir une école. En attendant son heure, elle se rend utile, auprès du gouverneur, Chomedey de Maisonneuve, dont elle entretient la lingerie; auprès du père Claude Pijart, jésuite et curé, qu'elle assiste en tant que sacristaine et, assistante sociale avant la lettre dans cette minuscule communauté, « elle s'associe aux angoisses et aux épreuves des jeunes familles qui se constituaient autour d'elles »<a href="#7"><sup>7</sup></a>. Profitant d'une paix relative, elle se fait accompagner de quelques hommes pour relever la croix érigée par Maisonneuve en 1643 au flanc du Mont Royal et abattue par les Iroquois. Elle en fait un lieu de pèlerinage, mais quand reprennent les hostilités avec les Indiens, elle obtient l'autorisation d'ériger, non loin du fort, une chapelle dédiée à Notre-Dame où pourront se rendre prier les Montréalistes<a href="#8"><sup>8</sup></a>. Quatre ans plus tard, Ville-Marie a résolument pris l'allure d'un village avec ses 600 âmes et des maisons construites à l'extérieur du fort. En août de cette année 1657, les premiers sulpiciens étaient arrivés à Ville-Marie et la paroisse était érigée avec la nomination d'un curé et l'élection de marguilliers. De nombreux engagés de la Grande Recrue, décidés de s'établir à Montréal, ont obtenu des terres et se sont mariés. La population s'accroît mais les hostilités avec les nations iroquoises ont repris de plus belle. Le 25 octobre, le menuisier Nicolas Godé, son gendre, Jean de Saint-Père et Jacques Noël ont été massacrés à la Pointe-Saint-Charles. Jeanne Mance souffre terriblement d'une fracture à son avant-bras droit et d'une dislocation de son poignet droit, subies lors d'une chute sur la glace au début de cette année. Mal soignée, elle dépérit et se sent incapable de poursuivre sa tâche à l'hôpital. Le supérieur des sulpiciens, l'intempestif Monsieur de Queylus, ordonne à Marguerite Bourgeoys d'interrompre la construction de sa chapelle, mais cette dernière tient à portée de main la réalisation du but qui l'avait conduite à Montréal, l'ouverture d'une école pour la douzaine d'enfants d'âge scolaire. À suivre. <br /><br /><a name="1"></a></p>
<ol>
<li>
<h6>La plaque en question a heureusement échappé, jusqu'à présent, aux vols qui ont récemment dépouillé le Vieux-Montréal d'un bon nombre de ces plaques commémoratives. Plusieurs personnes interrogées avouent ne pouvoir situer la rue Saint-Dizier. Entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Saint-Sulpice, elle s'étend de la rue de Brésoles à la rue de la Commune, mais de la rue Saint-Paul à cette dernière, elle se réduit à un passage piétonnier. On l'aurait tracée au cours de la dernière moitié du 18e siècle et ainsi nommée à la mémoire d'Étienne Nivard de Saint-Dizier, un notable de Montréal, propriétaire d'un terrain voisin. <br /><a name="2"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Le projet consistait à transformer les autochtones nomades en agriculteurs sédentaires initiés à la religion et aux manières de vivre des Français. Les quelques Hurons et Algonkins que Maisonneuve avait convaincus d'adopter ce nouveau genre de vie s'enfuirent rapidement devant l'incapacité du petit groupe de Français à les protéger contre la fureur des Iroquois. <br /><a name="3"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Il s'agissait bien d'un engagement pour 3 ou 5 ans, renouvelable, au terme duquel la Société Notre-Dame de Montréal rapatriait les engagés à ses frais. Leurs tâches à l'origine consistaient à aider les autochtones à se sédentariser, à les initier à divers métiers et à leur apprendre à cultiver la terre. Maisonneuve obtiendra de ses supérieurs l'autorisation de concéder des terres aux « engagés » souhaitant s'établir ici en permanence.<br /><a name="4"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Il avait été décidé de tout abandonner si Maisonneuve ne ramenait pas au moins 100 recrues. 147 hommes signèrent leur engagement devant notaire. En juin 1653, Maisonneuve faisait voile vers le Canada avec 102 hommes et 14 femmes (dont Marguerite Bourgeoys). Une dizaine périrent durant la traversée. Arrivée à Ville-Marie en novembre 1653, la Grande Recrue doublait la population du petit bourg et fut considérée comme la seconde fondation de Montréal. <br /><a name="5"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Cette traversée dura 3 mois et 2 jours.<br /><a name="6"></a></h6>
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<li>
<h6>Patricia Simpson (Marguerite Bourgeoys et Montréal, 1640-1663. Traduction Simone Poissant, McGill-Queen's University Press, 1999, p. 115) prête à certains engagés « des farces lubriques ou licencieuses concernant le motif de son départ pour le Canada et ses relations avec Maisonneuve ». <br /><a name="7"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Patricia Simpson, op. cit., p. 121.<br /><a name="8"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Les travaux furent vraisemblablement entrepris en 1655, sur le lieu même de l'actuelle chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Le père Claude Pijart choisit ce vocable sous lequel Marie y serait honorée.<br /><br /></h6>
</li>
</ol>]]></description>
			<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 16:45:32 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Vendredi, 05 Décembre 2008 06:28  -  Qui se souvient que le château Ramezay abrita une ...</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=216:qui-se-souvient-que-le-chateau-ramezay-abrita-une-ecole-normale-2e&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<p><strong>2e partie</strong></p>
<p><br /><img style="margin-right: 12px; margin-bottom: 6px; float: left;" alt="chateau_ramzay_petite" src="images/stories/articles/chateau_ramzay_petite.jpg" height="123" width="195" />L’inauguration de l’École normale Jacques-Cartier au château Ramesay, alors connu sous l’appellation d’<em>Hôtel du gouvernement</em>, eut lieu le 3 mars 1857. Le discours « remarqué<a href="#1"><sup>1</sup></a> » du jeune principal de l’institution, l’abbé Hospice-Anthelme Verreau, impressionna l’assistance. Aux 27 « élèves-maîtres » de la première promotion, il traça un vibrant tableau de la haute et exigeante mission qui les attendait en tant qu’éducateurs. L’École normale Jacques-Cartier sera plus tard qualifiée de <em>Grand Séminaire laïc</em>. <br /><br /><img style="margin-bottom: 6px; margin-left: 12px; float: right;" alt="verreau" src="images/stories/articles/verreau.jpg" height="196" width="141" />Sans tarder, le principal entreprit d’établir le programme de l’école, d’en surveiller la réalisation, de mettre sur pied une école modèle où les futurs instituteurs feraient leur apprentissage<a href="#2"><sup>2</sup></a> et de recruter le corps enseignant. Pour les cours de français, il embaucha un Français qui avait enseigné à Londres et assuma lui-même les autres matières du curriculum en attendant de réunir autour de lui des professeurs, réguliers et contractuels, en mesure d’assurer la renommée de l’institution. L’École normale Jacques-Cartier s’imposa comme l’un des centres culturels et scientifiques de la métropole. L’abbé Verreau lui-même, homme d’étude et d’une vaste culture, fut considéré comme l’un des intellectuels les plus érudits de son temps<a href="#3"><sup>3</sup></a> et un hôte accompli lors des réceptions qu’il organisait dans les appartements du <em>château</em>. <br /><br />L’École normale Jacques-Cartier occupa ces lieux durant près de 22 ans. Le cours de « maître d’école » s’étendait sur deux années couronnées par l’attribution d’un diplôme autorisant son titulaire à enseigner dans les écoles publiques. Il est per- mis d’estimer qu’au moins un millier de maîtres furent formés à l’intérieur de ces murs. Entre temps, Montréal et l’ensemble du pays avaient subi de profondes transformations. En 1870, la métropole « est incontestablement le plus important centre de décision économique du Canada » et compte près de 110 000 habitants alors qu’elle n’en recensait que 57 000 vingt ans plus tôt<a href="#4"><sup>4</sup></a>. L’avènement de la Confédération (1867) créa la Province de Québec, rapatriant dans la Capitale les fonctionnaires de l’Instruction publique, et le surintendant, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, devint le premier premier ministre de la province. Propriété du gouvernement central, le château fut remis au gouvernement provincial. <br /><br />En 1878, cédant aux exigences de la croissance, l’École normale Jacques- Cartier déménagea dans un immeuble tout neuf érigé au parc La Fontaine, où elle poursuivra son oeuvre jusqu’aux années 1960<a href="#5"><sup>5</sup></a>. Pour le vieil immeuble de la <em>Compagnie des Indes</em>, ce départ entraîna plusieurs années de bouleversements au cours desquelles il faillit disparaître. Occupé par la faculté de médecine récemment créée, flanqué à l’ouest d’une autre aile, parallèle à la place Jacques-Cartier, où logèrent <em>La Presse, La Minerve</em>, la faculté de Droit et la cour des magistrats, le <em>château</em> dominait un quadrilatère complété par d’autres bâtiments au nord de la rue Le Royer. Endommagé par un incendie, en 1895, il fut mis à l’encan et aurait sans doute été rasé par un spéculateur immobilier sans l’énergique intervention du juge Louis-François-George Baby, ardent défenseur du patrimoine et président de la Société d’Archéologie et de Numismatique. Forcée par le tribunal<a href="#6"><sup>6</sup></a>, la ville de Montréal prit possession du château et en confia la garde à cette société d’archéologues et de numismates. Ce fut le début de sa vocation muséale. Huit ans plus tard, les ailes latérales étaient démolies et on lui adjoignait une tour, peutêtre pour justifier le nom de château<a href="#7"><sup>7</sup></a>. <br /><br />Le château n’était toutefois pas au bout de ses épreuves. En 1930, en pleine crise économique et bien que la Commission des monuments historiques du Québec venait à peine de le classer, il fut question de le démolir pour prolonger la rue Gosford jusqu’à la rue Saint-Paul. Voici en quels termes Robert Prévost relate cet épisode peu glorieux pour les édiles de l’époque : « Certains conseillers municipaux suggérèrent de démolir cette cabane en ruine et d’en transporter les casseroles, les guenilles et les ferrailles dans l’ancien hôtel Viger, si l’on tenait à les conserver! L’échevin et journaliste Léon Trépanier<sup><a href="#9">9</a></sup> prit la tête des opposants, et c’est à lui que nous devons, dans une large mesure, la conservation de ce monument historique<a href="#8"><sup>8</sup></a> ». Il fut finalement décidé de creuser un tunnel sous la rue Notre-Dame, dans le cadre d’un programme de lutte contre le chômage. <br /><br />Autre défenseur passionné du patrimoine et échevin à l’hôtel de ville de Montréal au début du XXe siècle, Victor Morin avait vainement mené un semblable combat pour préserver la chapelle Notre-Dame de- Pitié<a href="#10"><sup>10</sup></a>. Située dans l’axe du prolongement du boulevard Saint-Laurent, entre les rues Notre-Dame et de la Commune, ce monument fut démoli « au nom du progrès ». Morin n’avait pas oublié quand, en 1949, il décrivait ainsi le château Ramesay : « une des rares maisons caractéristiques du régime français qui ont résisté jusqu’à ce jour aux outrages du temps et à l’indifférence, sinon à la malveillance des hommes, en notre bonne ville de Montréal<a href="#11"><sup>11</sup></a>.»<br /><br />___________________</p>
<h6>* Membre de la Société historique de Montréal, Léo Beaudoin est le rédacteur en chef de Montréal en tête, la revue de la Société historique.</h6>
<h6><a name="1"></a></h6>
<ol>
<li>
<h6>Armand Yon, ptre. L’abbé H.-A. Verreau, Montréal, Fides, 1946, p. 27.</h6>
<h6><a name="2"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Cette école modèle, fréquentée par les enfants du voisinage, logeait dans une aile de quatre étages, perpendiculaire au château, en bordure de l’actuelle rue Saint-Claude, où se trouvaient aussi les locaux de l’École normale et ceux des fonctionnaires de l’Instruction publique.</h6>
<h6><a name="3"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Il fut notamment président de la Société historique de Montréal, de 1859 jusqu’à sa mort, en 1901, membre fondateur de la Société Royale du Canada et Officier de l’Instruction publique de France. Le grand nombre de ses écrits historiques lui ont mérité une réputation d’historien respecté et d’être mandaté en Europe par le gouvernement canadien pour faire « l’inventaire des manuscrits qui se rapportent à notre histoire et indiquer ceux qui méritent d’être copiés. »</h6>
<h6><a name="4"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Paul-André Linteau. Histoire de Montréal depuis la Confédération, Montréal, Boréal, 1992, pp. 15 & 16.</h6>
<h6><a name="5"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Incendiée au cours de l’hiver de 1948, l’École normale Jacques-Cartier fut reconstruite à proximité de l’ancien édifice.</h6>
<h6><a name="6"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Guy Pinard. Montréal, son histoire, son architecture, tome 1, Montréal, La Presse, 1987, p. 72.</h6>
<h6><a name="7"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Ibid.</h6>
<h6><a name="8"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Journaliste, Léon Trépanier (1881-1967) fut conseiller municipal, auteur de nombreux ouvrages historiques et de causeries radiophoniques qui lui valurent la réputation de spécialiste de l’histoire du Québec, il a notamment publié Les rues du Vieux Montréal.</h6>
<h6><a name="9"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Robert Prévost. Montréal, la folle entreprise, Montréal, Stanké, 1991, p. 156.</h6>
<h6><a name="10"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>L’histoire de la chapelle Notre-Dame-de-Pitié a été relatée dans la parution de février 2000 de ce journal.</h6>
<h6><a name="11"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>Victor Morin. La Légende dorée de Montréal, Montréal, Les Éditions des Dix, 1949, p. 86.</h6>
</li>
</ol>
<p> </p>
<ol> </ol>]]></description>
			<pubDate>Fri, 05 Dec 2008 11:28:55 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Lundi, 15 Septembre 2008 00:00  -  Qui se souvient que le château Ramezay abrita une ...</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=178:qui-se-souvient-que-le-chateau-ramezay-abrita-une-ecole-normale&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4>Nous sommes tous familiers avec ce musée de la rue Notre-Dame appelé château Ramezay. « L'un des plus beaux joyaux que nous a laissés l'époque française<span><a href="#1"><span><sup>1</sup></span></a></span> », non seulement témoigne-t-il du régime français, il est de plus chargé d'une « richesse historique quasi inégalée<span><a href="#2"><span><sup>2</sup></span></a> </span>»;</h4>
<p><img title="L’Hon. Pierre-Joseph-Olivier Chauveau::(1820 - 1890)" class="jcetooltip" style="margin-right: 12px; margin-bottom: 6px; float: left;" alt="chauveau_petite2" src="images/stories/articles/chauveau_petite2.jpg" height="176" width="144" />une richesse pourtant méconnue : outre les riches collections qu'il renferme, combien savent, par exemple, que notre première école de formation des maîtres y fut fondée et s'y développa durant plus de vingt ans ?... <br /><br />Oublions, un moment, sa douteuse appellation de château et rappelons que l'immeuble n'est pas celui que fit construire, en 1704, Claude de Ramezay de Lagesse, gouverneur de Montréal et 10<sup><span>e</span></sup> successeur de Maisonneuve. À la construction de cet hôtel particulier de 66 pieds par 36, en face du domaine des Jésuites, Montréal comptait environ 200 maisons et une population de quelque 1 800 âmes. À la mort de la veuve de Claude (1745), ses héritiers vendent l'hôtel à la Compagnie des Indes. Cette compagnie, qui détenait du roi pleine autorité sur le commerce français outre-mer, en fit son comptoir commercial pour la Nouvelle-France mais neuf ans plus tard, l'immeuble était ravagé par un incendie. La Compagnie le fit reconstruire l'année suivante (1755) sur le même site, mais considérablement agrandi (92 pieds de façade par 48 de profondeur). Ce n'était donc plus que symboliquement l'hôtel particulier de Claude de Ramezay. On était toutefois à la veille de la Conquête et après le traité de Paris (1763), la <em>Compagnie des Indes</em> dut s'en départir, n'ayant plus d'existence légale en Amérique britannique du Nord. <br /><br />Son premier propriétaire sous le régime anglais fut un ancien officier écossais, William Grant. Marié à Marie Deschambault, veuve de Charles Le Moyne, baron de Longueuil, Grant fit fortune dans le commerce des fourrures. En 1773, le gouvernement britannique loua puis, cinq ans plus tard, acheta le manoir pour en faire la résidence montréalaise des gouverneurs du Canada. Entre temps, durant les six mois d'occupation de Montréal (novembre 1775 à mai 1776), l'armée américaine en fit son quartier général et Benjamin Franklin s'y installa, en compagnie de l'imprimeur Fleury Mesplet<span><span style="font-size: 7pt;"></span><a href="#3"><sup>3</sup></a></span>, pour mener une campagne de propagande en vue de convaincre les Canadiens de se joindre à la révolte des États-Unis. Sous le régime de l'Union, Montréal fut choisie l'une des deux capitales et le <em>vieux château</em>, comme on l'appelait, devint l'<em>Hôtel du gouvernement</em> : on y logea des fonctionnaires; à cette fin on lui ajouta, en 1848, une aile en brique de quatre étages et de 130 pieds par 30, en bordure de l'actuelle rue Saint-Claude. L'<em>Hôtel du gouvernement</em> devint cependant bientôt vacant, Montréal ayant perdu son statut de capitale après l'incendie du parlement par des émeutiers. Durant la construction de l'immeuble situé au 155, Notre-Dame Est, le palais de justice logea au château jusqu'en 1856. <br /><br />En 1855, le gouvernement avait nommé au poste de surintendant de l'Instruction publique pour le Bas-Canada Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, un brillant politicien de 35 ans que Robert Rumilly présente comme « un littérateur égaré dans la politique<a href="#4"><sup><span></span></sup></a><sup><a><span style="font-size: 7pt;">4</span></a></sup> ». Il succédait au Dr Jean-Baptiste Meilleur et entendait relever avec autant d'efficacité que son prédécesseur les défis que posait la lutte contre l'analphabétisme. Le Dr Meilleur s'était trouvé mêlé à ce que l'on appela « la <em>guerre des éteignoirs</em> ». L'origine de ce conflit résidait dans la conviction, chez un grand nombre de francophones, que l'instruction était un luxe inutile. Cette mentalité tenait à des causes lointaines et récentes, idéologiques et financières. Au début du XIXe siècle, devant le très grand nombre des « chevaliers de la croix » (ceux qui ne pouvaient signer leur nom que d'une croix) et avec l'objectif d'angliciser et d'instruire ces Canadiens analphabètes et catholiques, le gouvernement britannique avait résolu de créer un système d'écoles gratuites dirigées par des instituteurs anglophones et protestants. À l'instigation du clergé, ce programme échoua lamentablement. Une quarantaine d'années plus tard, sous le gouvernement de l'Union, une loi sur l'éducation élémentaire rendit la fréquentation scolaire obligatoire, imposa une taxe foncière et astreignit chaque famille à une cotisation mensuelle par enfant en âge d'aller à l'école. Se considérant déjà suffisamment taxée et encouragée par les grands propriétaires terriens ainsi que les seigneurs, une partie de la population se rebiffa : refus d'élire les commissaires scolaires, retrait des enfants des écoles, saccages et même incendies d'écoles, etc. Appuyé par des groupes de citoyens et des membres du clergé, le Dr Meilleur réussit peu à peu à tempérer cette <em>guerre des éteignoirs</em> et au moment de passer la main à Chauveau, on comptait 2 795 écoles accueillant 119 737 élèves.<span style="font-size: 7pt;"></span><a href="#5"><sup>5</sup></a><br /><br />Au premier rang de ses priorités, le nouveau surintendant plaça la formation des maîtres et donc la création d'écoles normales, dont deux à Montréal : les écoles McGill et Jacques-Cartier. Il décida de loger cette dernière dans l'<em>Hôtel du gouvernement</em> inoccupé. Au cours des visites à ses deux fils, pensionnaires au collège de Sainte-Thérèse, il avait fait la connaissance d'un jeune abbé de 26 ans, Hospice-Anthelme Verreau, préfet de discipline et l'un des professeurs de cette institution. Ils sympathisèrent et Chauveau en vint à voir en cet éducateur les qualifications du directeur de son école normale. Comme le supérieur du collège de Sainte-Thérèse refusait de s'en départir, Chauveau obtint que l'évêque Bourget fît les pressions nécessaires et bientôt, l'abbé Verreau déménageait ses pénates à l'<em>Hôtel du gouvernement</em> où Chauveau avait lui-même pris sa résidence. Les bureaux des fonctionnaires de la surintendance, les locaux de l'école normale et ceux d'une école modèle accueillant les enfants du voisinage pour l'apprentissage des futurs maîtres, occuperaient l'aile perpendiculaire, à l'est du château. (<a href="index.php?option=com_content&view=article&id=216:qui-se-souvient-que-le-chateau-ramezay-abrita-une-ecole-normale-2e&catid=64:un-peu-dhistoire&Itemid=113">À suivre</a>)</p>
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<h6>* Membre de la Société historique de Montréal, Léo Beaudoin est le rédacteur en chef de Montréal en tête, la revue de la Société.</h6>
<h6><a name="1"></a></h6>
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<h6>Roger Chartrand. Le Vieux-Montréal, une tout autre histoire, Montréal, Septentrion, 2007, p. 287. W. P. Percival, pour sa part, n'hésite pas à le qualifier «the most famous building in Montreal». (The Lure of Montreal, Toronto, The Ryerson Press, 1945, p. 52).</h6>
<h6><a name="2"></a></h6>
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<li>
<h6>Guy Pinard. Montréal, son histoire, son architecture, tome 1, Montréal, La Presse, 1986, p. 65.</h6>
<h6><a name="3"></a></h6>
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<h6>Premier imprimeur de Montréal, Fleury Mesplet a été présenté dans la parution d'avrilmai 2002 du journal Le Vieux-Montréal.</h6>
<h6><a name="4"></a></h6>
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<h6>Robert Rumilly. Histoire de Montréal, tome 3, Montréal, Fides, 1972, p. 170. À 24 ans, P.-J.- O. Chauveau (1820-1890) avait occupé le poste de Solliciteur général. Après la Confédération, de 1867-1872, il fut le premier premier ministre de la province de Québec, puis président du Sénat, à Ottawa.</h6>
<h6><a name="5"></a></h6>
</li>
<li>
<h6>P.J.O. Chauveau. L'instruction publique au Canada, Québec, Imprimerie Augustin Côté & Cie, 1876, p. 82. Léo Beaudoin</h6>
</li>
</ol>]]></description>
			<pubDate>Mon, 15 Sep 2008 05:00:00 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Mardi, 15 Juillet 2008 00:00  -  Qui se souvient de Charles-Séraphin Rodier (1797-1876) ? ...</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=179:qui-se-souvient-de-charles-seraphin-rodier-1797-1876-2e-partie&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4><a class="jcebox" target="_blank" title="Le Palais de Cristal (1860) angle Peel et Sainte-Catherine" href="images/stories/articles/palais-cristal.jpg"><img style="border-style: none; border-width: 0px; margin-left: 12px; margin-bottom: 6px; float: right;" alt="palais-cristal" src="images/stories/articles/palais-cristal_petit.jpg" height="203" width="225" /></a><em>2. Le flamboyant maire de Montréal</em></h4>
<p>Dans un article précédent, on a pu faire la connaissance de ce Montréalais d'origine modeste. On se souviendra qu'à 39 ans<span style="font-size: 7pt;"><sup>1</sup></span>, ayant acquis une importante fortune dans l'exploitation d'un commerce de nouveautés<span style="font-size: 7pt;"><sup>2</sup></span>, rue Saint-Paul, Charles-S. Rodier se retira des affaires, devint avocat et mit ses remarquables talents d'administrateur au service de la chose publique<span style="font-size: 7pt;"><sup>3</sup></span> et de causes philanthropiques. C'est ainsi qu'il fut commissaire responsable des enfants trouvés et des indigents de la région de Montréal et commissaire du port, chargé de renflouer une importante dette. Toujours tiré à quatre épingles et renommé pour sa courtoisie et ses belles manières, il résidait, à l'angle des rues Saint-Antoine et Guy, dans une luxueuse demeure qu'il baptisa pompeusement, selon l'édition 1866-67 de l'annuaire Lovell, Château du Prince de Galles. En 1843, au retour des jésuites au Canada, il leur céda une partie de cette maison jusqu'à la construction de leur couvent de la rue de Bleury, en 1851. Plus tard, impressionné par le dévouement des Soeurs Grises auprès des vieillards et des nécessiteux, il leur donna une partie de ses immeubles. Il fit aussi une dotation aux Soeurs du Bon Pasteur.</p>
<p><br />Engagé depuis de nombreuses années dans la politique municipale, il décide, en 1858, de briguer la mairie et l'emporte facilement sur son adversaire, John James Day<span style="font-size: 7pt;"><sup>4</sup></span>. Les mandats du maire étant d'un an, il sera réélu en 1859, 1860 et 1861. En 1858, les édiles et les services municipaux logent au Marché Bonsecours<span style="font-size: 7pt;"><sup>5</sup></span>. Le passage de Rodier à la mairie sera avant tout marqué par un assainissement des finances de la ville mais il ne manquait ni de vision, ni de grandeur. Il fut le créateur du premier système de transport en commun. Pour répondre aux difficultés des travailleurs des banlieues pour atteindre leurs milieux de travail, une première ligne fut mise en marche, en 1861. Elle s'étendait sur 10 kilomètres de part et d'autre de la place d'Armes et faisait rouler (glisser, en hiver) des tramways tirés par des chevaux. Il stimula l'extension du port de Montréal par la construction de nouveaux docks; il fit aussi raser la vieille prison qui tombait en ruine, sur le site de l'actuelle place Vauquelin et y fit ériger une fontaine. C'est également sous son mandat que fut créé à Montréal un département des incendies et que fut parachevé, à l'angle des rues Peel et Sainte-Catherine, un imposant Palais de Cristal, imitation d'un semblable palace londonien, qui devait être utilisé pour des expositions, des réceptions grandioses et des visites princières. Au nombre des personnalités qui visitèrent Montréal durant les mandats du maire Rodier, le prince Napoléon Bonaparte, le prince de Joinville, François d'Orléans, le prince Alfred de Saxe-Cobourg, un fils de la reine Victoria et Maurice, le fils de la célèbre George Sand furent reçus avec faste. <br /><br />L'inauguration du pont Victoria, en août 1860, devait cependant permettre au maire Rodier d'atteindre le sommet de la gloire. Les travaux de cet étrange tunnel sur piliers enjambant le Saint- Laurent<span style="font-size: 7pt;"><sup>6</sup></span>, construction considérée comme une merveille de l'ingénierie et propriété de la compagnie du Grand-Tronc, avaient débuté en juillet 1854, requis les services de plus de 3 000 travailleurs et coûté 6 300 000 $, une somme faramineuse pour l'époque. Le premier train y passa avec succès le 17 décembre 1859 et son inauguration fut fixée au mois d'août suivant. La reine Victoria, à qui il était dédié, se fit représenter par son jeune fils de 19 ans, le prince de Galles, futur Édouard  VII. Le maire Rodier avait décidé que cette fête serait un événement sans précédent. <br /><br />La ville fut transformée de fond en comble. Sur un vaste quadrilatère compris entre les rues Sherbrooke, Sainte- Catherine, Drummond et Peel, on érigea une salle de bal pouvant recevoir 10  000 personnes et éclairée par 2 000 becs de gaz<span style="font-size: 7pt;"><sup>7</sup></span>. Un programme chargé fut mis au point qui comportait, outre l'inauguration officielle du pont par le prince de Galles, celle du Palais de Cristal. Le maire se fit fabriquer une robe écarlate ornée d'hermine, un collier rutilant, une épée d'apparat et un tricorne exactement comme ceux du maire de Londres. Il porta cet accoutrement avec une telle fierté en compagnie du prince héritier que ses ennemis politiques le surnommèrent «  le paon<span style="font-size: 7pt;"><sup>8</sup></span> ». Il y eut aussi un défilé avec une escorte des militaires britanniques en garnison à la ferme Logan (futur parc La Fontaine) et d'une centaine d'Iroquois parés de leurs costumes traditionnels, un concert dont l'une des solistes fut la jeune Emma Lajeunesse, future vedette mondiale de son temps et trois bals. <br /><br />À cette époque, Montréal voyait arriver les crues printanières du Saint-Laurent avec appréhension. Celle de 1861 fut particulièrement désastreuse, inondant le quart de la ville. Rodier se rendit en embarcation distribuer des vivres aux victimes. Défait aux élections de 1862, il se retira de la politique jusqu'en 1867. Avec la venue de la Confédération, la création de la Province de Québec et le parti conservateur au pouvoir, il fut nommé Conseiller législatif où, jusqu'à sa mort, en 1876, il s'imposa par ses compétences sur les questions financières. En 1825, il avait épousé Marie-Louise Lacroix. Ils eurent cinq enfants dont trois moururent en bas âge. Lui survivaient son épouse, décédée en 1879 et deux filles.</p>
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<h6><span>En 1836, soit à la veille des Troubles de 1837-38.</span></h6>
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<h6><span>Nouveautés (novelties). On désignait ainsi les commerces d'articles divers manufacturés, bijoux, etc.</span></h6>
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<h6><span>De tendance conservatrice, il s'est opposé aux  radicaux, lors de la rébellion de 1837.</span><span>Voir l'article précédent, Le Vieux-Montréal, mai-juin 2008, p.</span> <span>12.</span></h6>
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<li>
<h6><span>Depuis 1852, les maires étaient élus par la population. Auparavant, ils l'étaient par le conseil municipal.</span></h6>
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<li>
<h6><span>Guy Pinard. Montréal, son histoire, son architecture,  tome 2, p.</span> <span>36. <br /></span></h6>
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<li>
<h6><span>Cette situation durera jusqu'à la construction d'un hôtel de ville, rue Notre-Dame, en 1878.</span><span> À l'origine, le pont Victoria était complètement fermé et ne comportait qu'une voie ferrée.</span></h6>
</li>
<li>
<h6><span>Robert Prévost. Montréal, la folle entreprise,  p. 334. </span><span>Cette salle fut ensuite démontée et vendue à la ville de Boston.</span></h6>
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<li>
<h6><span>Frederick H. Armstrong. RODIER, CHARLES-SÉRAPHIN, dans Dictionnaire biographique du Canada.</span></h6>
</li>
</ol>]]></description>
			<pubDate>Tue, 15 Jul 2008 05:00:00 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Jeudi, 15 Mai 2008 00:00  -  Qui se souvient de Charles-Séraphin Rodier (1797-1876) ?</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=182:qui-se-souvient-de-charles-seraphin-rodier-1797-1876n-2e-partie&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4>Pendant que la capitale nationale fête en grandes pompes son quatrième centenaire, des Montréalais amateurs de l'histoire célèbrent aussi, mais beaucoup plus modestement, tout au long de cette année 2008, le 150<span><sup>e</sup></span> anniversaire de la fondation d'une institution bien enracinée dans leur ville.</h4>
<p><img class="jcetooltip" title="Charles-Séraphin Rodier::" style="margin-right: 12px; margin-bottom: 6px; float: left;" alt="rodier-1ere_petite" src="images/stories/articles/rodier-1ere_petite.jpg" height="235" width="150" /></p>
<p>Le 11 avril 1858, en effet, quatre bourgeois montréalais francophones, fidèles paroissiens de Notre-Dame, se réunissaient, probablement dans un local paroissial, pour mettre sur pied une association sous le nom de <em>Société historique de Montréal</em>, la première du genre au Canada. Le bulletin de cette Société, <em>Montréal en tête</em>, publie actuellement des textes sur les circonstances, les fondateurs et les débuts de cette fondation. Les résidants du Vieux-Montréal curieux de l'histoire de leur quartier retourneront sans doute avec intérêt dans le Montréal d'il y a 150 ans dont les destinées venaient d'être confiées ( le 27 février 1858 ) à un maire aussi original que flamboyant, Charles-Séraphin Rodier. Les mandats à la mairie étant alors d'une durée d'un an, il sera réélu à deux reprises et finalement défait par Jean-Louis Baudry, en 1862. Avant de faire revivre ce personnage, tentons d'esquisser un bref tableau de la ville dont il prend la charge et dans laquelle s'insère une Société historique promue à traverser les décennies à venir. <br /> <br /> Au début de 1858, Montréal est en pleine ébullition. Sa population vient de franchir les 60 000 âmes et atteindra les 100 000 au cours de la prochaine décennie. Il faut loger cet afflux de nouveaux citadins à la recherche d'emplois, immigrants irlandais ou issus de l'exode rural, leur tracer de nouvelles rues, leur fournir les services, notamment de l'eau potable. Depuis 1856, un nouveau système d'aqueduc dessert la ville et l'espace bâti couvre un territoire qui s'étend du fleuve à la rue Sherbrooke et de plus en plus loin vers l'est et l'ouest, où naîtront un peu plus tard de nouvelles municipalités : Hochelaga, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Henri. La majorité de la population est anglophone et il faudra attendre presque dix ans avant un renversement de la situation, mais les intenses activités commerciales, industrielles, portuaires et ferroviaires qui s'y brassent font de Montréal la métropole incontestée de l'Amérique britannique du Nord. Un étrange pont « tubulaire » est en construction, sur le Saint-Laurent; long tunnel reposant sur des piliers, il est considéré comme une audacieuse merveille de l'ingénierie moderne et reliera, par le rail, Montréal aux États-Unis et au Canada de l'Ouest. Il sera dédié à la reine Victoria. <br /> <br /> En cette fin de décennie, il apparaît de plus en plus évident que le régime de l'Union des Deux-Canadas n'a pas atteint son but : l'assimilation du Bas-Canada ne se réalisera pas. La responsabilité ministérielle a été conquise et Londres relâche ses contrôles mais la belle entente de La Fontaine et Baldwin étant chose du passé, le gouvernement des deux provinces dans un même parlement est devenu de plus en plus difficile. L'idée d'une fédération des provinces en partenaires égaux fait lentement mais sûrement son chemin. George-Étienne Cartier, un ardent partisan de cette fédération, vient de prendre le contrôle du parti conservateur du Bas-Canada. C'est sur un tel arrière-plan que Charles-Séraphin Rodier, 60 ans, accède au poste de maire de Montréal. <br /> <br /> Il était né dans le quartier de la Petite-Bourgogne, d'un père forgeron qui lui paya chez les sulpiciens des études que le jeune homme délaissa assez rapidement pour lancer, à 19 ans, sur la rue Saint-Paul, un commerce qu'il fit rapidement prospérer par son sens aigu des affaires. Allant lui-même s'approvisionner en Angleterre, il traversa l'océan plus d'une trentaine de fois, selon Léo Trépanier. Dans le tourbillon de ses activités professionnelles il trouvait le loisir de faire partie de la milice, ce qui était très bien vu. Il parviendra au grade de lieutenant-colonel du 7e bataillon. Engagé de plus en politique municipale et échevin, de 1833 à 1836 il fut l'un de ceux qui élirent Jacques Viger à la mairie. En 1836, à 39 ans et marié depuis 1825, il se retire des affaires pour étudier le droit en vue de devenir avocat. Il a accumulé une imposante fortune mais, prévoyant les Troubles de 1837, il a jugé plus prudent de se retirer. Modéré, il ne cessait de répéter aux patriotes radicaux : « La poire n'est pas mûre ! » Cette modération lui vaudra d'être choisi comme l'un des juges de paix qui administrèrent Montréal, de 1837 à 1840 et il fut choisi au conseil de la ville nommé par le gouverneur, de 1840 à 1843. Il fut admis au Barreau du Bas-Canada en 1841, mais n'exerça sa profession que pour venir en aide à des amis ou à des personnes incapables de se payer des frais d'avocat. Se retirant de la politique municipale, il fut commissaire du Havre jusqu'en 1850; en cette qualité, il fut notamment chargé de consolider et de renflouer la dette. Il fut membre dirigeant de la prestigieuse Société Saint-Jean-Baptiste, alors une société de bienfaisance et accepta la charge de commissaire responsable des enfants trouvés et des indigents malades de la région de Montréal.<br /> <br /> En 1858, le maire Henry Starnes, décidait de ne pas solliciter un nouveau mandat. Charles-Séraphin Rodier décide alors de se mesurer à John James Day, l'un des échevins et l'emporte par 3 132 voix contre 2 329. Voici comment Robert Rumilly décrit le nouveau maire de Montréal, ce riche bourgeois de taille peu imposante qui vient de célébrer ses 60 ans : <em>« Cet homme éclectique passe pour un esthète, aux goûts et aux manières raffinés. Toujours tiré à quatre épingles, rasé de près, les ongles polis, il est très courtois envers tous, multipliant saluts et courbettes, et galant avec les dames, auxquelles il tend la main avec une aisance souveraine pour aider leur descente de voiture »</em>. Il nous reste à le voir dans l'exercice de sa fonction de premier magistrat. (<a href="index.php?option=com_content&view=article&id=179:qui-se-souvient-de-charles-seraphin-rodier-1797-1876-2e-partie&catid=64:un-peu-dhistoire&Itemid=113">À suivre</a>)<br /><br /> _________________</p>
<h6>Ouvrages consultés : Léo Beaudoin, <em>Biographie de Jacques Viger,</em> en cours de rédaction. <em>Dictionnaire biographique du Canada</em>. Claude-V. Marsolais et al., <em>Histoire des maires de Montréal</em>. Robert Rumilly, <em>Histoire de Montréal</em>, tome 2. Léon Trépanier, causerie radiophonique à Radio-Canada (1848).</h6>
<p> </p>]]></description>
			<pubDate>Thu, 15 May 2008 05:00:00 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Mardi, 15 Janvier 2008 00:00  -  Qui se souvient de L.-F.-George Baby (1832-1906) ?</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=147:qui-se-souvient-de-l-f-george-baby-1832-1906&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<p> </p>
<p><img class="jcetooltip" style="margin-left: 12px; float: right;" title="Louis-François George Baby::" alt="juge_baby_part1_petite" src="images/stories/articles/juge_baby_part1_petite.jpg" height="211" width="175" /><em>(Première partie)</em></p>
<h4>Il nous apparaîtrait aujourd'hui inimaginable de proposer la démolition du Château Ramezay, ce trésor patrimonial du Vieux-Montréal, pour en exploiter le terrain à des fins commerciales.</h4>
<p>C'est pourtant ce qui devait arriver il y a un peu plus d'un siècle, en 1891, sans l'intervention d'un énergique défenseur du patrimoine, le président de la Société de numismatique et d'archéologie de Montréal, vice-président de la Société historique de Montréal et juge de la Cour du Banc de la Reine, l'Honorable Louis-François-George Baby. Trentetrois ans auparavant et tout jeune avocat, ce personnage avait été l'un des quatre fondateurs de la Société historique de Montréal et il en sera le troisième président, de 1904 jusqu'à sa mort. En cette année du cent cinquantième anniversaire de la fondation de cette Société, il convient de rappeler aux amateurs du patrimoine la mémoire de ce bourgeois montréalais du 19e siècle.</p>
<p> </p>
<p>Contrairement à ce que son patronyme pourrait laisser entendre, il était d'origine typiquement française. Son ancêtre canadien, Jacques Bâbie de Ranville, était un sergent-major du régiment de Carignan qui décida de demeurer au pays à la paix de 1667 et obtint une terre dans la seigneurie de Champlain. Davantage commerçant que défricheur, il s'enrichit dans le commerce des fourrures, de même que ses fils et ses petits-fils. Un de ces derniers, François, le grand-père de notre personnage, se trouvait à la tête d'une jolie fortune à la Conquête de 1760. En homme d'affaire avisé, il assura sa stabilité financière en transférant ses activités commerciales de France à Londres. Est-ce à ce moment que le nom devint Baby ? Toujours est-il qu'il gagna la confiance du général Murray, puis celle du gouverneur Haldimand, qui le nomma à de hautes charges. Ce François décédait en 1820, à l'âge de 87 ans.</p>
<p> </p>
<p>Son fils cadet, Louis-Joseph Baby, père de Louis-François-George et notaire à l'Île Jésus, devait administrer la fortune familiale. Il la dilapida plutôt, sombra dans l'alcoolisme et réduisit sa famille à la misère. Louis-François-George, étudiant au cours classique chez les Sulpiciens, à Montréal, dut abandonner ce collège, mais il fut rescapé par une tante qui l'inscrivit chez les Clercs de Saint-Viateur, à L'Industrie, la future ville de Joliette. Il y termina ses études, choisit la profession d'avocat et fut admis au Barreau en 1857, à l'âge de 25 ans. Il pratiqua le droit à Montréal durant trois ans avant de déménager à L'Industrie, pour des raisons de santé. Il souffrira de rhumatisme jusqu'à la fin de sa vie. Quatre termes peuvent caractériser sa carrière : il fut l'un des riches bourgeois montréalais de son temps, un catholique ultramontain, un politicien conservateur et un collectionneur passionné. <br /><br />Le sens des affaires de son grand-père, François, s'est retrouvé dans le petit-fils. Pauvre à ses débuts, il devint rapidement un avocat prospère et fit de judicieux placements dans l'immobilier et les propriétés foncières, tant à Joliette qu'à Montréal. Il a aussi heureusement investi dans les industries de la chaussure et du tabac; il a possédé un moulin à scie et un moulin à farine, détenu des actions d'institutions bancaires et s'est même aventuré dans les prêts personnels et hypothécaires. Il ne fut pas l'un des grands barons de la finance de son époque, mais sa fortune lui permit d'aider financièrement plusieurs membres de sa famille et de faire don à la ville de Joliette de vastes terrains qu'il aurait pu vendre à des promoteurs immobiliers. Nommé juge à la cour d'Appel en 1881, il revint habiter Montréal et acquit une luxueuse demeure, rue Mansfield, dans le Golden Square Mile. Il y mena un train de vie princier, sa maison étant reconnue pour ses réceptions somptueuses et sa table, pour les dîners fins qu'il y offrait. <br /><br />Toute sa vie, il fut reconnu comme un catholique fervent dans la mouvance ultramontaine de l'évêque Ignace Bourget. Ce dernier prêchait la soumission totale au Pape et la suprématie de l'Église sur tout, y compris l'État. Étudiant, le jeune Baby s'était fixé une devise édifiante à laquelle il demeura fidèle : Mon Dieu, ma patrie, mon devoir! À la fondation de la Société historique, il était le secrétaire du « Cabinet de lecture paroissial », une institution des Sulpiciens pour faire échec à l'Institut canadien, accusé de propager les « mauvais livres ». Quand il se lancera dans la politique active, il adhérera aux prétentions de Mgr Bourget et signera l'engagement suivant, à l'exemple de quelques autres rares candidats : <em>« Je soussigné, George Baby, candidat à la prochaine élection pour le comté de Joliette, déclare par la présente que je partage tous les principes religieux énoncés dans le programme catholique; que j'entends me soumettre entièrement et sans partage à l'évêque du diocèse de Montréal sur toutes les questions religieuses ou mixtes</em> <em>»</em>. <br /><br />Il fut un membre actif de plusieurs organisations charitables d'inspiration ecclésiale comme la Société Saint- Vincent-de-Paul, la Société de bienfaisance, l'Union Saint-Joseph, etc. Sa réputation de fervent catholique lui valut d'être délégué à Rome, en 1888, par le gouvernement Mercier. Ce dernier avait offert une compensation de 400 000 $ pour régler la délicate question des biens des Jésuites et avait décidé de s'en remettre au Pape pour en faire le partage. Le juge Baby fut chargé d'aller traiter l'affaire avec le Vatican. À cette occasion, l'évêque de Saint-Hyacinthe, Louis- Zéphirin Moreau, lui confiait une lettre d'introduction qui débutait ainsi : <em>« L'Honorable L.F.G. Baby, Juge de la Cour d'Appel et du Conseil Privé du Canada, est, par sa position, son caractère, ses qualités et ses principes religieux, l'un des hommes les plus marquants et les plus éminents de notre pays »</em>. Il fut décoré des titres de Grand-Croix de l'Ordre papal de Saint-Grégoire-de-Tours et de Grand-Croix de l'Ordre papal de Saint-Grégoire-le-Grand. (<a href="index.php?option=com_content&view=article&id=139:qui-se-souvient-de-l-f-george-baby-1832-1906-2e-partie&catid=64:un-peu-dhistoire&Itemid=113">À suivre</a>)</p>
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			<pubDate>Tue, 15 Jan 2008 05:00:00 +0100</pubDate>
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			<title>Lundi, 14 Janvier 2008 00:00  -  Qui se souvient de L.-F.-George Baby (1832-1906) ? 2e partie</title>
			<link>http://arvm.ca//index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=139:qui-se-souvient-de-l-f-george-baby-1832-1906-2e-partie&amp;catid=64:un-peu-dhistoire&amp;directory=183</link>
			<description><![CDATA[<h4>Riche bourgeois montréalais de la fin du 19<sup>e</sup> siècle, le Juge Baby, comme l'appelaient ses contemporains, fut d'abord reconnu comme un catholique ultramontain dévoué à l'évêque Bourget, ainsi qu'en faisait foi l'article précédent<span><sup>1</sup></span>.</h4>
<p>Jeune avocat et pieux paroissien de Notre-Dame, il avait été nommé par les Sulpiciens secrétaire de leur Cabinet de lecture paroissial. C'est d'ailleurs en cette qualité que Jacques Viger l'avait invité à participer à l'assemblée de fondation de la Société historique de Montréal, le 11 avril 1858. C'est pourtant à un autre titre qu'il mérite davantage la reconnaissance des Montréalais. Louis-François-George Baby doit être avant tout reconnu comme un inlassable et redoutable collectionneur qui a mis sa fortune et son prestige d'homme politique et de magistrat au service de sa passion pour la conservation du patrimoine historique.<br /><br /><img style="margin-right: 12px; float: left;" alt="juge_baby" src="images/stories/articles/juge_baby.jpg" height="170" width="125" />Avocat stagiaire, il avait travaillé dans l'étude de George-Étienne Cartier et celui-ci avait remarqué son intelligence ainsi que son application au travail. Quand, pour des raisons de santé, Baby fut établi à Joliette, Cartier l'incita à représenter ce comté à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice. Défait une première fois, il fut élu en 1872 et réélu par la suite à trois reprises. Son entrée au Parlement coïncida cependant avec le scandale du Pacifique. Le parti conservateur de Macdonald perdit le pouvoir dans la honte et couvert d'éclaboussures. Baby songea aussitôt à démissionner, mais on le persuada de n'en rien faire. Député de l'Opposition, il n'hésita pas à voter, à l'occasion, contre son parti, notamment sur la question de l'amnistie aux Métis rebelles de l'Ouest canadien et sur celle des écoles catholiques de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick. Quand les Conservateurs reprirent le pouvoir, en 1878, Macdonald lui confia quand même un ministère, celui du Revenu intérieur. Sous sa direction, ce ministère, même sans grand prestige, fut considéré comme l'un des mieux administrés de la fonction publique fédérale. Mais l'Honorable Baby, ni orateur puissant, ni habile parlementaire, se sentait mal à l'aise en Chambre. Après deux ans, il démissionna et Macdonald lui offrit un poste de juge. En 1880, il<sup></sup> revint habiter Montréal<sup>2</sup> et se consacra presque entièrement à sa passion de collectionneur durant les loisirs que lui laissaient les travaux de la magistrature<sup>3</sup>. Son amour de l'histoire et du patrimoine l'incitait à chercher, recueillir, accumuler et préserver tout ce qui comportait un intérêt pour notre patrimoine historique. On n'a de lui que de rares textes, mais il acquit la réputation d'un collectionneur insatiable. Ami de David Ross McCord, dont les collections sont à l'origine du musée du même nom, il était en relation avec un cercle d'antiquaires européens. Documents anciens, volumes rares, tableaux, plans, cartes, meubles, médailles et décorations, gravures, objets et artefacts amérindiens, etc., rien ne le laissait indifférent. À tort ou à raison, sa réputation d'avide collectionneur le faisait craindre de certains. L'écrivain Robert de Roquebrune rappelle comment son père se méfiait de lui : dans les années 1880, le juge Baby accompagnait parfois ma grand' mère dans ses visites à notre manoir. C'était un petit homme à favoris et à parole bredouillante, toujours vêtu d'une redingote et d'un chapeau haut-de- forme. Il marchait en s'aidant d'une béquille qui lui remontait l'épaule gauche et furetait partout dans la maison. On entendait le bruit sec de sa béquille dans les corridors et les marches de l'escalier. Il était collectionneur et voulait toujours emporter un objet ancien ou de vieilles lettres. Mon père le surveillait avec suspicion, car il le prétendait capable de s'emparer de ce qu'on ne lui donnait pas et dont il avait envie pour sa collection. Quand le juge s'annonçait pour un petit séjour, mon père déclarait :</p>
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<p><em>« Je vais fermer à clef le meuble aux papiers, car Baby ne pourrait résister à la tentation d'en voler quelques-uns »</em>. En 1884, il était élu à la présidence de la Société d'Archéologie et de Numismatique de Montréal et en demeura le président actif jusqu'à sa mort. C'est à ce titre qu'il mit tout le poids de son prestige et de son influence pour soustraire le château Ramesay à la démolition et en faire le musée des collections de la Société, en 1895. Membre fondateur de la Société historique de Montréal, en 1858, il en a vraisemblablement fait partie au cours des décennies qui ont suivi, puisqu'à son retour à Montréal, en 1880, il en était élu vice-président et le demeura jusqu'à la mort de l'abbé Verreau, en 1901, avant de lui succéder.</p>
<p><br /><img class="jcetooltip" style="margin-left: 12px; float: right;" title="Pistolet du général James Murray::Collection Baby<br />Conservé au Château Ramezay" alt="pistolet_baby" src="images/stories/articles/pistolet_baby.jpg" height="62" width="150" />À son décès, en 1906, il avait accumulé plus de 20 000 documents anciens, plusieurs milliers de volumes dont certains très rares, des centaines de tableaux, meubles, plans, cartes, etc. des cabinets remplis de médailles et de décorations. Le Collège de Joliette, son alma mater, reçut par testament des médailles et des volumes; la Société de Numismatique et d'Archéologie hérita d'objets, de meubles et de livres. La plus grande partie de ses trésors fut toutefois léguée à l'Université de Montréal. À l'automne de 2006, pour célébrer le centenaire du legs de sa plus précieuse collection, la Division des archives de cette institution organisait une exposition et créait un site internet dans le but de mieux faire connaître ces précieuses pièces et leur mécène.</p>
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<h6>*Ce texte est tiré d'une conférence présentée le 5 février 2007 au Musée Pointe-à-Callière, dans le cadre des rencontres Nouveaux Regards sur notre histoire, organisées par la Société historique de Montréal.</h6>
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<h6>Le Vieux-Montréal, janvier 2008.</h6>
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<h6>En 1873, à l'âge de 41 ans, il avait épousé Marie-Adélaïde Berthelet, une cousine, petitefille de l'un des grands propriétaires immobiliers de Montréal. Ils n'eurent pas d'enfant mais adoptèrent un neveu qui devint avocat.</h6>
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<h6>Il démissionna de son poste de juge de la Cour d'appel en 1896. Souffrant de rhumatisme, il ne pouvait se déplacer que péniblement à l'aide d'une béquille.</h6>
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<p> </p>]]></description>
			<pubDate>Mon, 14 Jan 2008 05:00:00 +0100</pubDate>
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