L'Assemblée générale spéciale, convoquée par des membres de la SDC (Société de développement commercial) fin août, eut été sans doute moins houleuse si l’été avait été « meilleur ». Je me suis alors interrogée. Les résidants en font-il assez?
Il n’y a jamais eu d’enquêtes menées auprès des résidants pour connaître leurs habitudes de consommation, en dehors de l’épicerie. Tandis que certains d’entre nous affirment tout acheter dans le quartier, d’autres admettent le faire à l’occasion. Pourquoi?
L’offre commerciale
Je crois que celle-ci est mal connue des résidants. Plusieurs pensent qu’il n’y en a que pour les touristes, et que, de toute façon, même s’il y en avait plus pour eux, les prix seraient « touristiques »! D’autres disent que l’offre est trop restreinte, à cause de l’exiguïté des surfaces. On préfère aller rue Sainte-Catherine, à cause du choix. D’autres disent ne pas connaître les marques vestimentaires offertes. On hésite à en faire l’essai, même en magasin. On déplore aussi le fait que les présentations manquent d’ordre : les tailles devraient être regroupées et clairement identifiées.
Nature de l’offre commerciale
Nonobstant ce qui vient d’être dit, les difficultés que rencontrent plusieurs commerçants leur sont imputables. Le marché est actuellement saturé pour plusieurs types de commerces, dont la restauration, les spas, les galeries d’art. Plusieurs commerçants se lancent en affaires, ou déménagent leurs pénates dans le « Vieux » sans aucune étude de marché préalable. Les chiffres d’achalandage du quartier, souvent galvaudés, sont si mirobolants, comment, pensent-ils, ne pas avoir une part de ce marché? Ils ont découvert le quartier, en sont tombés amoureux, et ont décidé sur un coup de coeur d’y ouvrir un commerce. En plus de s’illusionner sur l’importance de la demande, ils croient que la séduction de l’espace, loué ou acheté, agira d’ellemême sur le chiffre d’affaires.
Prix et vitrines
L’autre jour, j’entrais dans une boutique pour y acheter une robe de chambre. Il y avait là cinq ou six modèles, se vendant entre 350 $ et 400 $. Je suis ressortie et suis allée au centre-ville. Quelques mois plus tard, je croise la commerçante. Elle reproche aux résidants de ne pas suffisamment encourager les commerçants du quartier.
Il y a deux ans environ ouvrait une belle boutique rue Saint-Paul. Un designer y avait mis la main. De la rue, il était cependant difficile de savoir ce qu’on y vendait exactement. Il y avait de tout : meubles, vêtements, bijoux, objets décoratifs, tableaux, cartes postales d’époque. Ce qui était à vendre se confondait avec de dispositif de présentation. À l’intérieur, quelques modèles de robes, en deux tailles, ou de chaussures en quatre pointures, cinq petits meubles, deux tableaux! Un an plus tard, la boutique fermait.
Achetons néanmoins dans le Vieux-Montréal
Le manque de réalisme et de sens des affaires de plusieurs commerçants ne devrait pas décourager les résidants d’acheter dans le Vieux-Montréal. C’est dans notre intérêt. Nous n’aimons pas les vitrines sales avec l’enseigne « à louer » ou « à vendre ». Achetons donc chez eux! D’autre part, le marketing de la SDC devrait davantage cibler les résidants. Plusieurs brochures ont été produites ces dernières années pour le marché touristique, mais pas une seule pour le marché « local ». Enfin, la SDC devrait jouer un plus grand rôle dans l’orientation commerciale du quartier, comme cela a été fait dans le Vieux-Québec.
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