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Naissance d’une association
Articles
Écrit par Marlène Savard, Résidante du Vieux-Montréal   

15

Mar

2008

Des coups de canon à répétition ont donné naissance à l’Association des résidants du Vieux-Montréal (ARVM).

En effet, en 1992, dans le cadre des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, le producteur Normand Latourelle prenait comme décor la Place d’Armes pour son spectacle Le Grand Jeu de Nuit. Or, au cours de ce spectacle, entre autres bruits, retentissait fidèlement à 23 h chaque soir, un tonitruant coup de canon. Cet été-là, les résidants des alentours savaient ce qui les attendait s’ils avaient le malheur de s’endormir avant 23 h. Mais bon, puisque 1992 était une année de célébrations, nous prenions notre mal en patience, soir après soir, jusqu’au jour où, l’année suivante, il a été question qu’on remette ça. Cette annonce a mis le feu aux poudres !


Des résidants du Cours LeRoyer, dont Michel Gélinas, Claude Désorcy et Maurice Cusson, se sont insurgés contre cette idée de reprendre ce spectacle à la Place d’Armes pendant l’été 1993. Les médias colportaient que les résidants du Vieux-Montréal étaient perçus comme de riches bourgeois qui ne veulent pas être dérangés. Par contre, ils passaient sous silence le fait qu’on laisse un producteur privé se servir d’une place publique pour y produire un spectacle payant. De plus, les estrades érigées sur la Place d’Armes, bien qu’invisibles le soir lorsque remplies, enlaidissaient la Place d’Armes le jour. Et que dire de nos rues fermées en permanence, ce qui nous obligeait, par exemple, à prouver que nous étions résidants si nous voulions emprunter la rue Saint- Sulpice à pied.

Évidemment, le Vieux-Montréal n’est pas un quartier comme les autres. Nous avons le privilège de l’habiter, d’autres viennent y travailler ou le visiter. Mais cette année-là, pour la première fois, j’ai eu l’impression d’une vie de quartier. Même le curé de la Basilique Notre- Dame était avec nous. Il ne voulait plus de ce spectacle sur la Place d’Armes. Il a ouvert les portes de sa salle communautaire pour accueillir gracieusement notre première assemblée de résidants. Nous avons gagné cette première bataille. Solidaires, les résidants étaient venus en grand nombre pour appuyer cette cause et aussi jeter les bases d’une association qu’ils voulaient à l’écoute des résidants afin d’en être leur fidèle porte-parole.

Pour ce faire, l’outil de communication le plus efficace demeure le journal. Ainsi, alors que nous étions tous les deux membres du conseil d’administration de l’ARVM, Maurice Cusson et moi-même avons créé en 1995, la première publication de l’Association qu’il avait ingénieusement baptisée « Avec une brique et un fanal ». Cette publication se voulait le reflet de nos revendications en tant que résidants mais aussi une mise en lumière des belles réalisations survenues dans le quartier. Avec une brique et un fanal était adressé et posté individuellement à chacun des 1 528 résidants du Vieux-Montréal dont le nom apparaissait sur la liste que nous avions patiemment dressée sur ordinateur en se basant sur les listes électorales. Fidèles à notre mandat, dans notre premier numéro de novembre 1995, nous publiions les résultats du sondage que nous avions effectué par la poste auprès des résidants pour s’enquérir de leurs préoccupations et c’est ce qui dirigea ensuite nos actions, pour notre part jusqu’en 1997, où nos obligations professionnelles nous ont forcés à quitter l’association.

Et voilà, au printemps 2008, l’association des résidants aura 15 ans ! Qu’entends-je ? Est-ce un coup de canon ?

 

 

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