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| 15 Jan 2008 |
Il nous apparaîtrait aujourd'hui inimaginable de proposer la démolition du Château Ramezay, ce trésor patrimonial du Vieux-Montréal, pour en exploiter le terrain à des fins commerciales.C'est pourtant ce qui devait arriver il y a un peu plus d'un siècle, en 1891, sans l'intervention d'un énergique défenseur du patrimoine, le président de la Société de numismatique et d'archéologie de Montréal, vice-président de la Société historique de Montréal et juge de la Cour du Banc de la Reine, l'Honorable Louis-François-George Baby. Trentetrois ans auparavant et tout jeune avocat, ce personnage avait été l'un des quatre fondateurs de la Société historique de Montréal et il en sera le troisième président, de 1904 jusqu'à sa mort. En cette année du cent cinquantième anniversaire de la fondation de cette Société, il convient de rappeler aux amateurs du patrimoine la mémoire de ce bourgeois montréalais du 19e siècle.
Contrairement à ce que son patronyme pourrait laisser entendre, il était d'origine typiquement française. Son ancêtre canadien, Jacques Bâbie de Ranville, était un sergent-major du régiment de Carignan qui décida de demeurer au pays à la paix de 1667 et obtint une terre dans la seigneurie de Champlain. Davantage commerçant que défricheur, il s'enrichit dans le commerce des fourrures, de même que ses fils et ses petits-fils. Un de ces derniers, François, le grand-père de notre personnage, se trouvait à la tête d'une jolie fortune à la Conquête de 1760. En homme d'affaire avisé, il assura sa stabilité financière en transférant ses activités commerciales de France à Londres. Est-ce à ce moment que le nom devint Baby ? Toujours est-il qu'il gagna la confiance du général Murray, puis celle du gouverneur Haldimand, qui le nomma à de hautes charges. Ce François décédait en 1820, à l'âge de 87 ans.
Son fils cadet, Louis-Joseph Baby, père de Louis-François-George et notaire à l'Île Jésus, devait administrer la fortune familiale. Il la dilapida plutôt, sombra dans l'alcoolisme et réduisit sa famille à la misère. Louis-François-George, étudiant au cours classique chez les Sulpiciens, à Montréal, dut abandonner ce collège, mais il fut rescapé par une tante qui l'inscrivit chez les Clercs de Saint-Viateur, à L'Industrie, la future ville de Joliette. Il y termina ses études, choisit la profession d'avocat et fut admis au Barreau en 1857, à l'âge de 25 ans. Il pratiqua le droit à Montréal durant trois ans avant de déménager à L'Industrie, pour des raisons de santé. Il souffrira de rhumatisme jusqu'à la fin de sa vie. Quatre termes peuvent caractériser sa carrière : il fut l'un des riches bourgeois montréalais de son temps, un catholique ultramontain, un politicien conservateur et un collectionneur passionné.
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